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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 09:03

"Un fonctionnaire ne doit pas dormir au bureau le matin

sinon il ne sait plus quoi faire l'après-midi." Coluche

  

  (Photo : Anonyme)


Germain de Colandon et moi-même, flanqués du Prix Nobel de Littérature, le Turc Orhan Pamuk - grand admirateur de Flaubert... et de Germain de Colandon -, allâmes accomplir une petite ballade digestive du côté de la Mairie de Caen, admirant à la fois la majesté, et la sobriété des lieux. Soudain, Germain de Colandon, me gratifiant d'un grand coup de coude dans les côtes, s'adressa à moi en ces termes : « Mon cher Luc, ne voilà-t-il que, là, intempestivement, insidieusement, et malencontreusement, une envie pressante titille les parois de mon auguste vessie, je me dois d'agir au plus vite... sinon mes pataugas vont se retrouver vite détrempés, tel le pont d'un navire tanguant, roulant, quand il subit tempête et tourmente, et flots déchaînés, sous le regard terrible du Créateur ! » Oui, quelquefois, il lui arrive de tenir un phrasé légèrement ampoulé, surtout quand il y a du « beau monde » à ses côtés. « On se fait à tout », disait-on chez mes aïeuls.

 

En moins de temps qu'il ne faut pour vous le conter, tous, nous nous précipitâmes à l'intérieur des anciens bâtiments conventuels, pour aussitôt y trouver un local vidangeur, et donc salvateur à l'illustre descendant spirituel du plus grand romancier de la Littérature française, le déjà nommé Flaubert, surnommé affectueusement « Tatave » par Germain de Colandon. Dans la violence du geste une porte fut déglinguée, par l'onde de choc deux ou trois miroirs se brisèrent sur le sol carrelé. Après avoir perçu d'étranges « aaahh ! » « ooohh ! », « ah là làààà », « la vache ! », « qu'est-ce que ça fait du bieeeeennnn ! », à travers la porte miraculeusement intacte, et après avoir subi de lourds regards réprobateurs de la part du personnel craignant qu'il ne se tramait quelque intrigue peu ragoûtante en ce lieu habituellement respectable, nous vîmes réapparaître un Germain de Colandon soulagé, rayonnant, voire extatique.

 

« Si nous faisions un tour dans la baraque ?! », hurla-t-il comme un possédé. Les trois bouteilles de vin consommées - à lui tout seul - sans modération aucune, commençaient à faire leur petit effet. « C'est une idée excellente, elle me ravit » intervint notre ami Orhan qui ne manqua pas de nous surprendre : « Mes amis, j'emporte toujours avec moi un petit magnétophone, car, voyez-vous, j'adore réécouter chez moi, tous les bruits, tous les sons, qui m'ont accompagné tout au long de la journée. Cela fait très longtemps aussi, que je souhaite comparer votre manière Occidentale de travailler avec celle de l'Orient ». « Tu l'a dit Fernand ! » s'écria de plus belle Germain de Colandon, en gratifiant Orhan d'une claque dans le dos.

 

Il est vrai que la proposition était des plus excitantes. Pendant plus de deux heures, nous parcourûmes, corridors, dévalâmes escaliers, poussâmes mille portes, débusquâmes araignées et souris dans le moindre recoin. Quelle joie, après que nous revînmes en ma maison, de pouvoir, par une simple pression sur un banal bouton, réentendre les « bruits de la vie »... surtout Municipale.

 

Hélas ! Trois fois hélas ! Mouloud, l'un de nos rédacteurs, s'était mis en tête de devenir chanteur d'opéra, surtout, depuis le jour où il était tombé sur un vieil enregistrement de Florence Foster Jenkins, une célèbre soprano américaine... incapable de chanter une seule note juste ! Notre Mouloud, pendant que je servais l'apéritif à mes hôtes, subrepticement, avait emprunté l'appareil d'Orhan, dans l'esprit d'envoyer la bande au célèbre ténor Du Pheu, professeur de chant au Conservatoire Régional de Saint Julien le Faucon. Arriva ce qu'il devait arriver, l'inconscient effaça l'Opus magistral d'Orhan. C'est là où intervint l'immense esprit supérieur de l'arrière-arrière-arrière petit-fils de Tatave, pardon, de Flaubert. «  Qu'à cela ne tienne, les sons nous les transcrirons sur du papier, que votre propre plume noircira ! », décréta Germain de Colandon, tandis qu'il me fixait droit dans les yeux, le teint tendant vers le cramoisi. Les premières chaleurs du printemps, sans doute.

 

Aussi, chers Lecteurs, chers Internautes, ce n'est pas sans une émotion certaine que je vous livre ce que nous entendîmes tant que nous pûmes, notamment au premier étage, là, où, à l'ombre du premier Magistrat de la Ville, oeuvrent sans compter les Adjoints.

 

« Hiin couic ploum ploum encore deux mois et c'est les vacances au soleil wouaaaawouaaaaa (ce sont des bâillements, c'est que ce n'est pas facile à retranscrire !), pouetpouet coincoin atchoum prout zzzzzz rrrrooonn-pchiiii rrrrooonn-pchiiii tiens craaac craaac tiens craaac craaaac (non, ce n'est pas ce que vous croyez, c'est seulement du papier que l'on déchire !), boulouboulouboulou prout zzzzzz rrrrooonn-pchiiii rrrrooonn-pchiiii hurgh zut les choux de Bruxelles de la cantine ne passent pas wouaaaawouaaaaa clang ding dong prout ding dong ding dong ding dong prout ca tombe quand le 1er Mai prout dong dong dong hiin zzzzzz rrrrooonn-pchiiii rrrrooonn-pchiiii zzzzzz pchiiii yaouuu t'as vu hieeer à la téléééé paf pouing la porte atchoum atchoum rrrrooonn-pchiiii rrrrooonn-pchiiii meuh ( ! ) ding dong ding dong bon on verra ça demain y f'ra jour zzzzzz rrrrooonn-pchiiiirrrrooonnpchiiiizzzzzzrrrrooonnpchiiiirrrrooonnwouaaaawouaaaaazzzzzzrrrrooonnpchiiiirrrrooonnpchiiii.................................................................................... ..........................................................................................................................................................(ça, c'est le silence qui s'est abattu, impressionnant, très impressionnant)...

 

... Impressionnant et pesant, car je m'endormis au fond de mon fauteuil... pour être brutalement réveillé par des rugissements à faire pâlir le Diable en personne. C'était, vous l'aviez deviné, ce cher Germain de Colandon :

« Qui prétend,»

« Que dans l'exagération »

« Nous versâmes, »

« Que sur place, il aille voir !!!!! »

  
                               Luc de Normandie 

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Publié par Le Caennais déchaîné - dans Vie caennaise
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commentaires

B 03/05/2009 10:20

La politique de l'actuelle municipalité caennaise est peu lisible,elle semble atteinte de cecité et surdité!
Plus sérieusement je me demande pourquoi le maire n'a pas autorisé ,le jour anniversaire de la déportation les triangles "roses" à déposer une gerbe en même temps que les autres associations de déportés.
Il y a encore des collabos à CAEN;ce refus me rappelle la nouvelle plaque de la rue du docteur PECKER en centre ville;l'ex-mairesse ne voulait pas qu'il y soit ajouté:"médecin,juif dénoncé par ses voisins"mais les archives de la kommandantur caennaise de 1940/1945 elles sont très précises sur cette arrestation.
B . de l'agglo caennaise.

Philippe CLERIS 13/04/2009 12:57

Où dormir donc?

Réponse: dans de vastes dortoirs abbatiaux datant du XVIIIe siècle.

La place ne manque pas car depuis 1963, date de l'arrivée définitive de l'hôtel de ville dans les grands et nobles espaces de l'ancienne abbaye ducale puis royale de St Benoît dédiée par le Conquérant à St Etienne qui servirent de 1803 à 1963 de lycée caserne pour les garnements des bonnes familles caennaises, les édiles ont cru bon devoir laisser en place... lesdits dortoirs!
Du moins ceux de l'ancien internat du lycée Malherbe dont les lits en fer et les cellules occupent toujours l'étage sous comble des bâtiments municipaux autour de l'ancien cloître...

On a eu beau faire dans ces immenses espaces des appartements de fonction dignes des services inestimables rendus par tel ou tel DGS...

il reste pourtant ENCORE DE LA PLACE! Une bastille que les citoyens caennais pourraient investir pour que les bâtiments élevés sur les plans du moine bénédictin de la Congrégation de Saint Maur, Guillaume de la Tremblaye au début du XVIIIe siècle deviennent ENFIN en ce début de XXIe Siècle... la "maison du peuple"!

Philippe M. 12/04/2009 17:07

Abbaye aux Hommes, Abbaye aux Dames, c'est du pareil au même! Il suffit d'aller y faire un tour à la sortie des bureaux sur le coup des cinq heures, ils n'ont pas l'air plus harassé que cela. Mais contrairement à vous messieurs, lorsque je vais dans l'une ou dans l'autre (Abbaye), je n'entends pas un seul bruit !!! C'est donc un moment historique que vous nous relatez : il y aurait de la vie derrière ces respectables façades !
Philippe M. La Folie Couvrechef

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