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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 09:49

 " Comme une mère, une ville natale ne se remplace pas." Albert Memmi.
   http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/    Caen bombardement  Archives Nationales des USA

  

Ce que la piété des pilotes de la RAF en 1944 avait su épargner, les pelleteuses du groupe EIFFAGE l'ont aujourd'hui écrasé !

Le promenoir en bois du Bon Sauveur qui encadrait un jardin de 3 000 mètres carrés a été détruit Lundi 6 juillet à l'heure du laitier en moins de 4 heures au moyen de deux pelles mécaniques de la société LECLERC.

  UN VRAI MASSACRE !

Les colonnes en bois écrasées, les éléments architecturaux et vitraux en miettes. Saluons la mauvaise conscience d'un chef d'équipe qui n'a pas souhaité écraser le Bon Dieu sous les chenilles du PANZER, puisque l'oratoire et son calvaire ont été sauvagement abattus : seuls le crucifix et une statue de la Vierge ont été démontés. (Pour aller où ? NDLR)

Le groupe immobilier a pris la responsabilité de détruire non pas un chef d'oeuvre absolu de l'art architectural mais de détruire un lieu historique qui perd désormais sa cohérence sinon son âme...

C'était un là un lieu courageux en juin-juillet 1944 lors de la Bataille de Caen : c'est désormais le lieu de notre honte, de notre hypocrisie et de notre colère.

Les bâtiments du Bon Sauveur qui avaient accueilli plusieurs milliers de réfugiés et blessés caennais lors des bombardements de juin 1944 ont été épargnés grâce à la présence - au centre du promenoir et du jardin qui sont actuellement saccagés - d'une grande croix de sang humain peinte sur les draps blancs de l'hôpital.

En juin dernier, nous avions tous été saisis par l'émotion du témoignage du l'ambulancier du Bon Sauveur, un vieux monsieur de 90 ans aujourd'hui, qui a pris l'initiative décisive de mettre cette croix qui fit du lieu massacré aujourd'hui, un lieu courageux qui a permis de sauver d'autres lieux.

S'il n'y avait pas eu ces grandes croix rouges signalant les îlots sanitaires de l'Abbaye aux Hommes et du Bon Sauveur aux aviateurs alliés, Caen aurait été rasé comme Saint-Lô à 90%!

Cette réalité historique essentielle a été ignorée et d'aucuns auraient souhaité la nier : un monument historique, au sens premier de l'expression, est aujourd'hui détruit et sera remplacé par une petite stèle qui sera vissée au bas du plus grand monument d'hypocrisie qui sera élevé à Caen.

Ce bombardement barbare se produit à moins de 50 mètres des fenêtres du bureau du directeur des affaires culturelles qui aura bientôt à réfléchir à un classement UNESCO de barbelés, de ferrailles et béton de blockhaus qui hantent encore les plages du Débarquement : la faible valeur esthétique de ces éléments ne semble pas faire obstacle à ce classement...

Le dernier cloître en bois de Caen, méconnu par les élus caennais toute tendance confondue, et méprisé par certains responsables en charge de la conservation du patrimoine historique, n'est plus !

A la place, la banalité et la médiocrité d'une "architecture" de promotion immobilière qui optimise l'espace ainsi dégagé : le compromis intelligent d'une réhabilitation des bâtiments existants autour d'un espace public de qualité, mémorial du courage de juin 1944 n'a pas été défendu ni porté par des élus intelligents et volontaires :

La politique d'urbanisme de Caen, ville rasée à plus de 70% en 1944, est, de fait sous-traitée aux promoteurs immobiliers qui n'ont aucun état d'âme...

Sur la friche immense du Bon Sauveur, aucune vision urbaine d'ensemble face à la vente progressive des lieux à des marchands de mètres carrés : Monsieur LECOUTOUR, l'adjoint à l'urbanisme dit qu'il faut "produire" 700 logements par an à Caen (jusqu'à 1 400 et plus ! NDLR) pour garder les 100 000 habitants... Et la solution de compromis proposé par le promoteur n'était qu'une compromission de plus : une moitié du promenoir à peine sauvegardé alors que le jardin va être amputé de moitié, et transformé en un banal espace vert sur dalle de béton avec curetage complet du site pour creuser un parking souterrain : la destruction du site sera donc totale, en élévation et en sous-sol ! Comme en 1944, avec des bombes qui faisaient tomber les murs les plus vénérables et transformaient les jardins et les places en cratères lunaires...

"Produire" et non pas construire de nouveaux espaces publics et préserver le patrimoine ou la mémoire historique très vivre et sensible d'une ville qui a failli totalement disparaître il y a moins de 70 ans : l'urbanisme à Caen, tant à cause du peu qui reste d'avant 1944 que de la spécificité de la Reconstruction des années 1950, n'est pas chose anodine ! Moins qu'ailleurs,

UNE VILLE NE DOIT PAS ETRE

LE TERRAIN DE JEU DES PROMOTEURS !

On fabrique aujourd'hui la ville à l'image de la médiocrité morale de certaines de nos élites : rien ne semble tenir face à l'impérieuse nécessité économique de faire du profit maximum !

Enfin, la chapelle 1950 et la façade XIXe siècle classés Monument Historique en 2006 perdent toute signification avec la destruction du jardin-promenoir qui mettait cette façade en valeur : la cour d'honneur va devenir une dalle engazonnée de parking souterrain, une vulgaire cours d'immeubles claquemurée et ouverte au Nord Est, c'est à dire au mauvais temps... la vue d'artiste proposée par le promoteur le précise : elle est "non contractuelle"

Quant à penser transformer la chapelle en lieu culturel majeur au profit du centre chorégraphique : inutile d'y penser puisqu'il faudra pénétrer une co-propriété pour aller au spectacle non pas par la belle porte néo-gothique de la cour d'honneur, mais par une petite porte dérobée qui serait située à l'arrière puisque tous les éléments d'importance auront été soit détruits ou privatisés.

LECOUTOUR nous promet le maintien d'un espace public : cette promesse ne vaut rien puisque Monsieur LECOUTOUR n'est pas en charge de l'urbanisme à Caen.

Ce sont les citoyens mobilisés bien tardivement il est vrai qui doivent faire et défendre une politique de l'urbanisme devant les tribunaux.

Rappelons en effet, que Caen n'a pas le label "ville d'art et d'histoire" et ne dispose d'aucun secteur urbain sauvegardé (ZPPUP) : certainement parce que les services techniques de la ville auraient à travailler davantage et à prendre en charge certaines responsabilités.

Comme d'habitude, il faudra attendre que tous les coeurs d'îlots du Caen d'avant guerre soit curetés par les promoteurs ou que la Reconstruction soit défigurée (ex: destruction de l'escalier de la chambre de commerce) pour qu'enfin les élus mettent en place la politique de protection et de valorisation...

C'est vrai c'est plus facile de protéger et de valoriser quelque chose qui n'existe plus : ça coûte moins cher... Ou alors, on fait des « Mémorial », des « Historial » et « Scriptorial », ou autres musées avec de la belle architecture contemporaine pour éclairer des cartes postales et quelques pieux vestiges mis en vitrines à destination du grand public et du public scolaire (ce qui revient à la même chose) : on va donc consommer la mémoire historique muséifiée comme on va au supermarché, on va en périphérie, on gare sa bagnole et on entre dans une grande boîte aveugle. Le MEMORIAL de CAEN c'est avant la ville elle-même avec son architecture, son urbanisme et la mémoire portée par ses habitants.

Le 12 juillet prochain, il y aura une audience très importante au Tribunal administratif de Caen qui peut se déclarer compétent sur le dossier quant au fond malgré le litige sur les délais de recours (les riverains auraient du camper tout l'été 2009 sous les hauts murs de la petite rue St Ouen pour savoir que le Bon Sauveur allait être presqu'entièrement détruit).

Le promoteur a pris le risque et la responsabilité d'une voie de fait qui peut offusquer le tribunal administratif sachant que les fondements juridiques du permis de démolir au regard de la loi de 1913 réglementant les abords immédiats d'un édifice classé et au regard de la jurisprudence existante, sont très faibles.

Aussi le promoteur a été tenté par le fait accompli, le coup de force en détruisant l'objet même du litige : mais il se peut très bien que le litige enfin porté devant la bonne juridiction ne détruise le permis de démolir...

Et la belle affaire profitable, déguisée en opération de charité (Lecoutour insiste sur les 80 logements sociaux intégrés au projet) pourrait être elle-même abattue : comme dans beaucoup d'autres endroits en France, on aura une friche avec en plus des ruines...

Les bombardements de Caen doivent-ils se poursuivre ?

 

Philippe CLERIS, Collectif Citoyen et Républicain "Bienvenue en Normandie"

 

En complément, nous vous conseillons vivement ce lien pour découvrir les "joies urbanistiques" de Caen :  http://caennaissivoussaviez.hautetfort.com/ NDLR

 

http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/

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Publié par Le Caennais déchaîné - dans Vie caennaise
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commentaires

sokal-bricmont 14/07/2010 19:24


J'aime chipoter, c'est mon côté mouche du coche ;p

Mais ce 70% (68% pour être précis avec des interprétations souvent fausses-voir l'étude de Isabelle Osmont-) des logements représente un volume, pas une superficie (destruction sur environ la
moitié de sa surface en 44)...pour un visiteur la différence est phénoménale : la visite d'une ville ne se fait pas en évoluant dans un cube, mais par le cheminement d'un point A vers un point B ;
ce qui fait de Caen l'une des villes les plus étonnantes pour les primo-touristes (j'ai un paquet de témoignages à ce sujet).

Pour le cloître maintenant, mon sentiment est partagé.

vouloir tout préserver coûte que coûte est-il le must de la patrimonialisation d'une ville (un sujet qui me tient à coeur) quand les logements font défaut ?

Mais détruire un espace architectural certes dispensable dans l'histoire de l'art mais d'une portée symbolique immense n'autorise t-il pas toutes les déviances immobilières ?

S'il fallait trancher dans cette triste histoire, je dirai que la patrimonialisation d'un lieu ou d'un bâtiment relève autant de son histoire, son "espace vécu" pour le dire avec les mots d'Armand
Frémont que de son architecture.

A cet endroit, la responsabilité de la mairie de Caen est absolument impardonnable...ceci d'autant plus que la maire actuel est historien...

Au plaisir de lire et relire sur ce blog


Le Caennais déchaîné 14/07/2010 22:03



Votre "chipotage" est plein d'enseignement.


 


Maintenant, nous sommes impatients de connaître le point de vue des primo-touristes sur Caen. Vous est-il possible de nous en faire part?


 


Pour en revenir au cloître, il n'était nul besoin de le supprimer. D'ailleurs, il y avait - d'après Eiffage lui-même - possiblilité soit de l'inclure, soit de le déplacer, on connaît la suite.
Sur les 300 logements (de luxe) à construire, seuls 80 logements sociaux sont au programme. Pas besoin d'être doté de beaucoup d'imagination pour deviner que ce ne sera pas n'importe quel
"pauvre" qui aura le loisir d'emménager sur le site. Dans tous les cas, il y a bien assez de place ailleurs pour y bâtir toutes sortes de projets.


 


Quant au Maire "historien" Philippe Duron, permettez-nous de vous dire qu'il fait un sacré hypocrite de première ! Hypocrite... à moins qu'il ne soit schizophrène !


 


Pendant qu'il laissait abattre à 400 mètres de ses fenêtres l'objet de la discorde, quelques jours plus tard - le 9 juillet, date anniversaire de la libération de la rive gauche de Caen - il
félicitait André Heintz, fraîchement décoré de la Légion d'Honneur, charmant vieux monsieur de 90 ans, ancien Résistant, ancien Déporté... grâce à qui, le cloître - et les quartiers alentour -
furent épargnés par les bombardements, parce que André Heintz avait fait "peindre" avec DU SANG HUMAIN récupéré auprès des blessés et des morts, une gigantesque croix rouge, sur
d'immenses draps, positionnée dans le cloître, signifiant aux Alliés (avertis par la Résistance) que ce lieu était INTOUCHABLE.


 


A l'issue de la Cérémonie, nous eûmes l'occasion de parler à Monsieur Heintz, et croyez-nous sur parole, celui-ci était complètement abasourdi, d'autant que le 5 Juin, il se trouvait sur place -
nous y étions aussi avec les riverains - pour défendre ce haut lieu de l'Histoire Caennaise. Nous nous sommes également entretenus avec Jean-Marie Girault - ancien Maire, et Avocat de son
état - qui nous a paru complètement désemparé par la brutalité et la soudaineté des évènements.


 


Aujourd'hui, les Caennais sont choqués, en colère, et pas prêts de pardonner qu'on ait pu nier et réviser leur Histoire.


 


Bien à vous 


 


En complément : http://operationdday.france2.fr/01_dday_d.htm


 



http://www.google.fr/search?sourceid=ie7&q=andre+heintz&rls=com.microsoft:fr:IE-SearchBox&ie=UTF-8&oe=UTF-8&rlz=1I7ACAW_fr___FR345&redir_esc=&ei=HkQ_TO74FYzLOL_29I0H



sokal-bricmont 14/07/2010 18:51


"ville rasée à plus de 70%"

non


Le Caennais déchaîné 14/07/2010 19:03



70 % à l'époque... A ne pas comparer avec la superficie construite d'aujourd'hui.



Philippe CLERIS 12/07/2010 17:09


J'étais ce lundi matin à l'audience du tribunal administratif pour écouter les avocats des parties en présence dans l'affaire du recours de suspension des travaux de démolition sur le site du Bon
Sauveur...

Le tribunal fera connaître son verdict mardi 13 juillet en fin de journée.

Je prends ici la parole pour dire combien la plaidoirie de l'avocat représentant la municipalité m'a consterné en tant que Caennais.

Cet avocat, soucieux de défendre l'intérêt public du projet en cours (construire coûte que coûte des logements pour maintenir les 100000 habitants à Caen)a cru bon devoir dire que les trois mois de
souffrance et d'héroïsme de la Bataille de Caen au cours de l'été 1944 n'étaient pas suffisants pour justifier qu'il faille tenir compte de la dimension historique et mémorielle de ce lieu
courageux qui aura permis de sauver d'autres lieux... A l'entendre, il faut relativiser cet événement dans l'histoire générale d'une ville qui doit certainement poursuivre son évolution.

Sauf que cette ville c'est Caen, ville qui a été rasée par les bombardements de la Libération a plus de 70%: dois-je le répéter? C'est grâce aux croix rouges disposées dans les îlots sanitaires du
cloître du Bon Sauveur et de l'Abbaye aux Hommes (lycée Malherbe) que notre ville a eu la "chance" de ne pas être TOTALEMENT RASEE...

On rappellera aussi à la municipalité que parmi les 100000 habitants il s'en trouve un certain nombre qui sont Caennaises et Caennais et donc attachés à l'histoire et à la mémoire de leur ville,
ville que l'on ne peut réduire à un ensemble de fonctions économiques mais qui est aussi un être vivant collectif avec ses lieux qui ont leurs âmes...

Bref! la ville ce n'est pas que des mètres carrés ou des euros par mètre carré...

Derrière cette vision cliniquement froide de la ville, doit-on conclure que 1944 à Caen (surtout à Caen et en Normandie) n'est qu'un détail de l'Histoire?


Le Caennais déchaîné 12/07/2010 19:33



GARDER COÛTE QUE COÛTE LES 100 000 HABITANTS EST UNE CHIMERE... AU VU DES TAXES FONCIERES ET LOCALES QUI RUINENT ET CHASSENT LA CLASSE MOYENNE : 1 000 MENAGES PAR AN.


QUI PEUT RAPPELER A LA MUNICPALITE L'HISTOIRE DU TONNEAU DES DANAÏDES ??



Philippe CLERIS 09/07/2010 10:35


Quelques précisions:

1 La démolition s'est produite le lundi 5 JUILLET en début de matinée à partir de 8 heures. En moins de 4 heures les deux pelleteuses de la société LECLERC avaient tout saccagé! On peut parler de
VANDALISME.

2 La démolition a été effectuée sans réel souci de conservation des éléments les plus remarquables: par superstition ou sur le coup d'une mauvaise conscience évidente, les ouvriers LECLERC ont
procédé à l'enlèvement des statues du calvaire et du crucifix ainsi que la statue de la Vierge à l'Enfant Jésus. En revanche la statue du Bon Sauveur emblématique élevée en 1837 pour le jubilé de
l'Abbé JAMET a été écrasée sous les gravats. Elle était située à gauche de l'oratoire central néo-gothique qui a été littéralement broyé par la pelle mécanique en dépit de beaux éléments sculptés
en pierre de taille de Caen.

3 Le promenoir était porté par près de 40 colonnes en bois posés sur d'élégants piédestaux octogonaux en pierre de taille: cette architecture de bois (et non pas en Fonte comme on l'a cru longtemps
à la DRAC... à 50 mètres des lieux) était en raison des bombardements de 1944 devenue UNIQUE EN SON GENRE A CAEN.

Actuellement, ces colonnes de bois sont soit disloquées, brisées ou dispersées sur le chantier ou enfouies sous les décombres soit elles font l'objet pour certaines d'entre elles d'un tri destiné à
des récupérateurs de matériaux.

J'ai appelé au téléphone le chef du "chantier" Eiffage pour lui rappeler la responsabilité qui repose désormais sur lui quant à la conservation de ces éléments remarquables et quant au fait que les
gravats doivent faire l'objet d'un tri méticuleux: c'est l'intérêt d' Eiffage d'être, désormais, un barbare qui se civilise car un contentieux juridique est en cours...

4 Ironie du sort: on peut consulter sur Internet la fiche qui proposée par la DRAC Basse Normandie qui présente l'intérêt des bâtiments classés en 2006 sur le site du Bon Sauveur. Cette fiche est
illustrée par une photo du ... promenoir en bois avec son oratoire qui viennent d'être écrabouillées par la sombre logique mercantile d'un promoteur immobilier.


Le Caennais déchaîné 09/07/2010 12:18



Entre la DRAC psychotique et la Mairie incompétente on s'attend à de nouveaux méfaits ! Il faut absolument créer une Association de Sauvegarde et de Classement du Patrimoine !



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