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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 08:00

 http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/

 
Philippe Cléris du Mouvement Bienvenue en Normandie

 

A la rédaction du Caennais déchaîné


Hier soir à Argentan, il y avait une journée "Normandie" organisée par l'Université populaire du Goût d'Argentan animée par Michel ONFRAY et Jean-Luc TABESSE : le collectif Bienvenue en Normandie était partenaire de l'opération pour l'organisation d'un débat public sur la question de la réunification normande en présence de Laurent BEAUVAIS président du CRBN et de Nathalie GOULET, sénatrice de l'Orne.

Le débat présenté d'abord par mes soins et par Michel Onfray (définition de l'identité normande; rapide définition géo-historique de la Normandie; d'où viennent les entités "Haute" et "Basse" Normandie; depuis quand est-ce divisé; pourquoi; par qui et quel bilan aujourd'hui...) fut intéressant et équilibré : Laurent Beauvais a réaffirmé sa position en faveur de la fusion régionale de même que Nathalie Goulet mais tout en soulignant les difficultés à surmonter pour y arriver surtout en ce moment avec la crise et avec l'agitation réformatrice de Nicolas Sarkozy qui brouille les perspectives (réforme des collectivités territoriales). Tous les grands sujets furent abordés, notamment celui du choix de la future capitale en cas de fusion ce qui m'a permis de faire les mises au point et le recadrage nécessaires (le réseau de ville plutôt qu'une capitale solitaire)

L'assistance était nombreuse et a beaucoup apprécié ce qui avait été dit. Le chroniqueur de Marianne Périgo Legasse était aussi présent pour le débat précédent consacré à la défense de la race bovine normande (avec Michel Ballon) et pour exposer la problématique du lait cru et de la crise sociale agricole... La fin des échanges se termina par un vibrant plaidoyer pour l'unité normande de Périgo Legasse qui était resté pour écouter la suite...

Vous verrez ci-joint ce qu'il en reste dans un article à paraître demain dans Ouest France, l
a PRAVDA du grand ouest ligéro-breton décidé à saboter le débat citoyen et la demande sociale de Normandie qui monte dans la population!

Un vrai scandale!

Second document joint: le texte que j'ai en partie lu pour présenter ce débat, histoire de faire connaître au lecteur de Ouest France la vérité!

bien à vous,

Philippe CLERIS
collectif BEN

  


Journée « normande » de l’Université Populaire du Goût d’Argentan (Jean-Luc Tabesse ; Michel Onfray ; Laurent Beauvais ; Nathalie Goulet ; Collectif BEN ; Magène ; Heula...) autour de la vache normande et des produits des terroirs normands.

 

Débat public :

 

« La Réunification normande, ptêt ben qu’oui ou ptêt ben qu’non ? »

 

Avec : Laurent Beauvais, président PS du CRBN et Nathalie Goulet, sénatrice NC de l’Orne (l’Aigle)

(Présentation et modération : Michel Onfray et Philippe Cléris)

 

INTRODUCTION au débat : présentation objective de la question régionale normande.

 

· Rappelons pour commencer que ce que l’on nomme encore sous le terme de « Normandie » correspond à l’une des plus anciennes entités géo-historiques du territoire français.

 

Ainsi, en 2011 il sera possible de fêter le 11ème centenaire du traité de Saint Clair sur Epte par lequel le roi Charles le Simple donnait la Basse seine et Rouen au chef danois Rollon. (911).

 

Dès le début du XIe siècle, la Normandie avait déjà le territoire et les frontières qu’on lui connaît peu ou prou aujourd’hui avec Rouen comme capitale principale et Caen comme capitale secondaire notamment après la conquête normande de l’Angleterre par Guillaume le Bâtard dit le « Conquérant ».

 


                
· Rappelons, en outre, que l’emblème aux trois léopards d’or (des bâtards de Lion) passant sur fond rouge a été choisi à la fin du XIIe siècle par Henri II Plantagenêt comme acte de protestation suite à sa mise en cause par le pape dans l’affaire Thomas Becket : c’est donc l’un des plus anciens emblèmes des régions de France, qu’il soit à trois léopards (Monarchie anglaise et îles anglo-normandes pour lesquelles la Reine d’Angleterre est toujours officiellement « duc de Normandie »)ou à deux léopards (Normandie continentale française après 1204).

 

· Rappelons aussi qu’avant 1789, la province (duché) ou gouvernement de Normandie avait le siège de son parlement à Rouen et le siège de son université et de son gouvernement à Caen.

 

Que la province de Normandie était divisée en sept diocèses (Avranches ; Coutances ; Bayeux ; Lisieux ; Sées ; Rouen et Evreux) et en trois intendances (Caen ; Alençon et Rouen). A la Révolution, conscients qu’ils avaient à découper l’une des plus anciennes provinces de France, les Constituants de 1790 créèrent cinq départements (Manche ; Orne ; Calvados ; Eure et Seine Inférieure) respectant les limites de l’ancienne province (avec intégration de la majeure partie du Perche).

 

A la veille de la Révolution, la Normandie était la région la plus riche de France, payant 20% de l’impôt royal. Rouen était la seconde ville du royaume après Paris et notre région était l’une des plus urbanisée et alphabétisée du pays !

 

· Rappelons aussi et surtout que les appellations de « Basse- Normandie » et de « Haute-Normandie » sont des appellations anciennes (elles apparaissent au XVIe siècle dans certains actes juridiques et deviennent courantes sur les cartes de géographie à partir du XVIIe siècle) mais ces appellations ne sont que descriptives et ne font référence qu’à la géographie naturelle :

 

il faudra attendre... 1956 pour que ces appellations de « haute » ou de « basse » correspondent à une réalité administrative ou institutionnelle précise, sachant que les actuelles régions administratives de Haute et Basse Normandie ne correspondent pas aux limites historiques qui définissaient ces appellations :

 

par exemple, la carte de la Normandie dressée par J.B. NOLIN (1657- 1708) place cette limite sur les marais de la Dives, véritable frontière naturelle alors que l’Estuaire de la Seine n’en fut jamais une.

 

Ainsi, il faut donc savoir que le Pays d’Auge, actuellement placé dans le Calvados « bas-normand » est en fait un pays géographiquement « haut-normand » (ainsi que le Pays d’Ouche ornais)

 

· Au XIXe siècle, la Normandie fait l’objet d’une redécouverte patrimoniale dans le cadre du développement du tourisme des bains de mer grâce aux chemins de fer : c’est l’occasion d’exprimer une identité régionale normande qui ne sera jamais identitaire car la Normandie devient dès lors un objet de contemplation et de méditation artistique ou littéraire (ex : les peintres impressionnistes) qui crée la destination « Normandie » à X heure de Paris pour un tourisme de la récréation culturelle ou spirituelle. Contrairement à d’autres identités régionales françaises, la Normandie semble d’une telle évidence qu’il n’y aura jamais, avant 1972, de revendication politique normande...

 

· Rappelons qu’à la Libération, les cinq départements normands sont rassemblés sous l’autorité dun seul commissaire à la République établi à Rouen de 1944 à 1946.

 

· Ce n’est donc qu’à partir de 1956 que la IVème République va organiser deux entités administratives différentes en Normandie sur la base du découpage départemental : le haut-fonctionnaire Pierre RONDET découpe deux régions Programme d’Action Régionale en Normandie avec un préfet à Caen et à Rouen. Ce découpage est confirmé en 1960 avec la création des Circonscriptions d’Action Régionale : le haut fonctionnaire Serge Antoine auteur de ce découpage, regrettera bien plus tard, dans un entretien accordé en 2004 au magazine l’Express, d’avoir crée deux Normandie administratives.

 

· Ce découpage administratif et technocratique des années 1960 avait surtout pour but de répartir l’effort de Reconstruction dans une Normandie très éprouvée par la Seconde Guerre Mondiale mais aussi de mettre en œuvre le Schéma de Développement et d’Aménagement Urbain de la Basse Seine (Plan DELOUVRIER de 1965) qui devait avoir pour conséquence durable de faire du val de Seine normand une annexe industrielle et portuaire de la Région parisienne. La conséquence de la création de la néo-région administrative de Haute-Normandie fut la création concomitante de la néo- région administrative de Basse-Normandie pour une modernisation industrielle et urbaine qui restera inaboutie (arrivée du Nucléaire dans le Nord-Cotentin sans réelles contreparties et industrialisation « fordiste » de médiocre qualité avec des « usines tournevis »).

 

· Néanmoins, il faut rappeler que les années 1960- 1980 furent de belles années dans une Normandie qui profitait d’un effet de modernité lié à l’achèvement de la Reconstruction d’après Guerre. (Centres villes modernes ; Turbotrain ; Autoroute de Normandie ; proximité de Paris ; ports et industries du Val de Seine ; diffusion industrielle, modernisation agro-industrielle prometteuse et Caen, avec son campus universitaire « le plus moderne d’Europe », positionnée comme technopole scientifique de l’Ouest français en 1971...).

 

« Illusion de prospérité ! » pour reprendre la formule du géographe Armand Frémont car la grande crise économique et industrielle des années 1980 – 1990 va cruellement révéler les défauts structurels d’une Normandie sans projets et dépourvue de toute unité de vue sinon de vision...

 

· On ne commencera donc à parler de « Réunification » ou de « fusion » régionale de la Normandie qu’à partir de 1972, lorsque l’Etat décide de transformer une organisation jusque là administrative en une nouvelle collectivité territoriale ayant désormais un enjeu politique avec la création de deux « Etablissements Publics Régionaux » en Normandie dans le cadre des débuts de la Décentralisation.

 

Depuis, une question régionale normande est régulièrement posée parce que les deux Etablissements Publics Régionaux normands ont été transformés en 1982 et 1986 en deux Conseils Régionaux normands de plein exercice élus au suffrage universel direct.

 

· Aujourd’hui, 38 ans après, la Basse-Normandie c’est :

 

- 1 million 450 habitants dont 223 000 habitants dans l’agglomération caennaise

 

- le 18ème PIB régional de France (24 526 euros par hab)

 

  • 6, 6 % de taux de chômage mais des salaires inférieurs à la moyenne nationale et une région notoirement sous-encadrée.

  •  

· 38 ans après, la Haute- Normandie c’est :

 

- 1 million 815 habitants dont 450 000 dans l’agglomération rouennaise et 247 000 dans l’agglomération havraise

 

- le 13ème PIB régional de France (27 135 euros par hab)

 

- 7, 8 % de taux de chômage mais avec un emploi industriel sur deux qui dépend d’un donneur d’ordre situé en région parisienne, à l’Etranger ou en dehors de Normandie.

 

· Haute et Basse Normandie réunies c’est aussi plus de 4000 jeunes bacheliers par an qui s’en vont étudier ailleurs et qui ne reviennent pas en Normandie... Un vieillissement accéléré de la population avec l’arrivée sur nos littoraux et dans nos terroirs ruraux préservés des retraités d’Ile de France. C’est aussi des infrastructures vieillissantes et un aménagement du territoire obsolète ou qui demeure inachevé (question de l’enclavement). Des métropoles régionales qui peinent à rester attractives avec le départ de nombreuses directions administratives privées ou publiques de Caen ou de Rouen au profit de Lille, Nantes, Rennes ou la région parisienne : dernier exemple en date, le centre de traitement des chèques postaux déménagé de Rouen vers Nantes...

 

 

· Mais Haute et Basse Normandie réunies c’est aussi et surtout :

 

- Le 6ème potentiel régional français en part de PIB (devant la Bretagne)

 

- Le 3ème potentiel industriel de France avec l’Estuaire (le triangle Caen, Rouen, Le Havre)

 

- Le second potentiel agricole de France (derrière la Bretagne)

 

- Le premier potentiel maritime de France, toutes activités confondues avec 671km de côtes, deux grands ports internationaux au Havre et à Rouen et la logistique nécessaire pour faire de la Normandie la véritable « porte océane » française ouverte sur l’Europe et le Monde.

 

- Et aussi des savoir-faire techniques et scientifiques de niveau mondial (ex le GANIL à Caen)

 

 

- Et enfin, la notoriété d’un nom connu et reconnu dans le monde entier.

 

 

· Il fallait donc rappeler ces éléments pour introduire un débat public sur la « réunification de la Normandie » en 2009 :

 

En effet, cette question de « réunification » dont on entend parler plus ou moins régulièrement depuis près de 40 ans n’est plus un « serpent de mer » ! L’affaire, nos invités vont nous en parler, devient enfin sérieuse, concrète, et va impliquer directement la vie des citoyens et citoyennes de Normandie. Il a fallu attendre près de 40 ans pour que nous ayons sur cette question un début de vrai débat public au-delà des cercles autorisés de la classe politique et des décideurs et experts qui ont trop souvent pensé cette question avec leurs seules arrières pensées...

 

Pour commencer et poursuivre... voici quatre questions :

 

1° Pourquoi donc un vrai débat public sur la « Réunification » de la Normandie et ses enjeux est-il désormais possible aujourd’hui ?

 

2° Quels sont les enjeux  de cette « réunification » normande?

 

3° Dans quel contexte politique ou institutionnel pourrait-elle avoir lieu ?

 

4° Quels seraient les projets possibles pour une Normandie « réunifiée » ?
       


« Il n'y a pas une, mais des Normandie »
« L'identité normande est une espèce de monstre du Loch Ness ». Hier à Argentan, Michel Onfray a invité les élus Laurent Beauvais et Nathalie Goulet à débattre de la réunification de la Normandie.

 

« C'est un vrai débat, pas un match de boxe. » Quelques jours avant le débat sur la réunification des Basse et Haute-Normandie, samedi à l'Université populaire du goût à Argentan, Michel Onfray, philosophe, cadre tout de suite le contexte. Certes, on pourrait imaginer un échange musclé entre ses intervenants, Nathalie Goulet, sénateur de l'Orne (rattachée à l'Union centriste) et Laurent Beauvais, président de la région Basse-Normandie (PS). « La question est plutôt : comment réussir cette réunification », nuancent-ils eux aussi en amont.

 

Au coeur du débat, il y a l'identité normande. « L'identité normande est une espèce de monstre du Loch Ness : tout le monde en parle mais personne ne la voit, ironise Michel Onfray. Il n'y a pas une, mais des centaines de Normandie. »

 

« Aux oubliettesde la République »

 

Une Normandie une et indivisible a visiblement tout pour inquiéter. « Il ne faut pas qu'une région en absorbe une autre. Au contraire, on doit garder des territoires aux identités fortes. Comme le Bocage, le Perche, le Pays d'Ouche, au-delà de la capitale », assène le président de Région. « Il faut réfléchir en amont, tempère toutefois le sénateur ornais. Si Rouen en est la capitale, nous finirons aux oubliettes de la République. »

 

Pour l'instant, le combat porte surtout sur la diffusion d'informations. « J'ai l'impression que sur la réunification, les Normands n'ont pas d'idées, mais des passions », avoue Michel Onfray. « Elle paraît lointaine, très dogmatique... » concède Nathalie Goulet. « Il ne faut pas que cela reste technocratique. En ces temps de crise, beaucoup doivent penser c'est une question secondaire. Je suis partisan d'un référendum, mais pour cela les gens doivent saisir les enjeux », appuie Laurent Beauvais.

 

Les enjeux, multiples et complexes, ne sont pas nouveaux. La réunification est un thème qui fait des allers-retours réguliers sur la scène politique. « La Région a de plus en plus de pouvoir car elle est pertinente à l'aube de la réforme des collectivités, souligne Nathalie Goulet. Toutefois je m'interroge sur les conditions économiques, sociales, etc. de cette réforme du territoire. »

 

Laurent Beauvais, lui, se veut rassurant : « Ce n'est pas parce qu'il y aurait une grande région qu'on ne travaillerait plus avec les autres. Avranches a le regard tourné vers Rennes, Le Perche regarde vers Le Mans... On ne viendrait pas contrecarrer les intérêts des zones frontières. »

 

« Il y a une vraie urgence, insiste Michel Onfray. Notamment avec le projet de Grand Paris de Nicolas Sarkozy, où Le Havre devient un port parisien. »

 

Olivia FORTIN.

Ouest-France

 

(source : maville.com Deauville- Trouville, en ligne depuis le 08/ 11/ 09)

 

 

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Publié par Le Caennais déchaîné - dans Humeur
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D. Cauchebrais 18/11/2009 21:20


pavoisement Normand

D. Cauchebrais

Bonjour
Ce petit message pour vous signaler qu'il existe une pétition sur internet destinée aux élus régionaux,demandant que dans les lieux publics et notamment aux façades de toutes les mairies de
Normandie soit hissé en permanence le drapeau Normand.Si cette initiative vous interpelle et vous interesse, merci d'aller sur le lien suivant qui vous conduira directement à cette pétition:

http://www.lapetition.be/en-ligne/pavoisement-normand-5272.html%22%3EP%C3%A9tition:%20Pavoisement%20Normand%3C/a%3E

N'hésitez pas à la faire connaitre autour de vous et la faire signer par le plus grand nombre de personnes,c'est essentiel et indispensable pour qu'elle puisse être envoyée aux élus et avoir
l'impact souhaité. elle a son importance pour la mise en valeur et la reconnaissance de notre identité régionale plus que millénaire.

Amitiés Normandes
D.Cauchebrais


Philippe CLERIS 12/11/2009 15:30


PRECISIONS OBJECTIVES, obtenues auprès de l'agence Ouest France d'Argentan:

L'article de Ouest France a été fait avant l'évenement publié le lendemain (et non pas la veille) avec la photo du jour (tronquée). La journaliste en cause assume une "maladresse" mais justifie son
"angle" quant à l'article lui-même...

La Normandie, serait-ce "l'angle mort" de Ouest France?

autre précision: il s'agit de Daniel BALLON et non pas de Michel BALLON


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