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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 07:38

"Les villes sont la nature façonnée par l'homme, à son image et à sa ressemblance". Jacques Godbout.

 

http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/     FH000023

" Quand une oeuvre d'art vous donne le vertige, souvenez-vous que ce qui donne le mieux encore le vertige, c'est le vide ". Sacha Guitry. (Photo : Luc de Normandie)

   

        A l’attention de Monsieur Philippe DURON

 

   Député-Maire de Caen, Président de l’Agglomération « Caen la Mer »

 

     

objet : modestes propositions pour réinventer l’architecture et l’urbanisme du centre-ville reconstruit.

 

  " (...) La Reconstruction au niveau de l’urbanisme et des espaces publics présente trois défauts majeurs :

     

1)     La présence de trois « dépressions architecturales et urbaines » résultant à la fois de la volonté de Laujardière de concentrer la densité urbaine du Centre reconstruit entre Saint-Pierre, Saint-Jean, Résistance et le port et du bouleversement du programme de l’architecte urbaniste municipal par les interventions du MRU. Ces trois zones dédiées à une architecture de type « hard-french » (barres et tours orthogonales) sont : le quartier des Quatrans avec pour conséquence une façade lépreuse sur l’entrée du plateau piétonnier de la rue Saint- Pierre ; le « bas » de la rue Saint-Jean entre l’église et la tour de la place du 36ème et enfin le secteur  Henri Brunet et le rond point de l’Orne.

 

2)     Des cœurs d’îlots à l’abandon ou des « garage land », encombrés d’entrepôts et de garages, notamment la « place » Félix Eboué, les cœurs d’îlots centraux entre avenue du Six Juin et rue Saint-Jean ou encore derrière le front de l’Orne (rive droite : l’emprise du garage Renault) ou de Prairie.

 

3)     De la voirie au détriment de vrais espaces publics : c’est le grand échec de la Reconstruction. Le centre ville de Caen ne dispose plus d’une vraie place publique. La place de la Résistance, ouverte aux quatre vents, espace commémoratif où les mémoires s’empilent et s’oublient, n’est vraiment pas un lieu chaleureux et accueillant : cette place qui n’est pas sans qualité architecturale aurait gagné à être plus resserrée ou entourée de galeries sous arcades. Le vrai problème c’est que la place de la République attend toujours sa reconstruction !

 

Face à ce constat, nous voudrions vous faire part de quelques propositions et réflexions, qui, à n’en point douter, devraient rencontrer celles qu’auront pu déjà avoir vos services de l’urbanisme sur ce même sujet. Propositions à modérer, cela va sans dire, les contraintes juridiques étant plus ardues que les contraintes techniques...

 

  ° Rue Saint-Pierre, côté droit : au dessus de ce rez-de-chaussée et de cet entresol hideux porté par des poteaux de béton en guise d’arcade, construire un bardage en bois avec une structure métallique porteuse de un à deux niveaux avec un toit courbe et créer ainsi une dizaine de logements pour étudiants ou pour jeunes travailleurs en plein centre ville.

   

  • La double équerre « hard french » (« grille de mots croisés ») entre la rue du Havre et le bas de la rue Saint-Jean, abords de la place Félix Eboué, rues Lavalley et Saint-Louis : améliorer la qualité de vie des habitants en équipant ces façades qui n’en sont pas, d’un système d’arcades métalliques portant des terrasses en bois et permettant de prolonger, tant sur rue que sur les arrières, la surface habitable des appartements : l’espace tampon, vaste, au pied de ces immeubles et actuellement occupé, notamment sur l’arrière, (place Eboué) par une « casquette » de garages, pourrait être surmonté de cette nouvelle structure enrobant l’immeuble d’un système de « jardins suspendus ».

   

  • La Tour du 36ème : en faire un nouveau signal dans le ciel caennais en compagnie de la flèche de St Pierre et du clocher de St Jean. Proposition : équiper le toit terrasse d’un dôme ouvert en forme d’ogive et permettant de disposer plusieurs terrasses et jardins mis à la disposition des propriétaires et résidents de la tour. La nuit, cet ensemble pourrait bénéficier d’une mise en valeur lumineuse.

   

  • Requalification des cœurs d’îlots en les transformant en jardin d’hortillonnage au pied des immeubles. Reconstruire les garages, a demi enterrés sous une dalle béton végétalisée.

   

  • Transformation du passage du chanoine Cousin (actuellement : « back street » lépreuse en arrière des immeubles de la rue St. Jean) en passage couvert avec une voûte métallique vitrée : les magasins et boutiques de la rue Saint-Jean auraient ainsi deux entrées, et un nouvel espace convivial pour le commerce et la flânerie dans l’hyper-centre serait ainsi créé...

   

  • Requalification urbaine de la Rue Saint-Jean en marquant dans l’espace public la relation clocher Saint-Jean –flèche Saint-Pierre : au pied du clocher Saint-Jean, dans l’axe de la rue, on a l’un des plus beaux paysages urbains de Caen ! A cet emplacement, il faudrait créer un parvis à partir duquel il faut faire partir deux lignes d’arbres plantés et taillés (charmilles ou tilleuls, en tenant compte de la forme en « baïonnette » de la rue en face de l’église) vers le carrefour Saint-Pierre, sur des trottoirs élargis et avec une rue Saint-Jean, à nouveau mise en sens unique.

   

  • Circulations : suite à l’arrivée du TVR, le nouveau plan de circulation génère une congestion catastrophique du trafic dans un centre reconstruit aux voiries généreuses et largement dévolues à l’automobile. Il faut rétablir le circuit des sens uniques entre la rue Saint-Jean et le quai Vendeuvre avec trottoirs élargis devant les terrasses des restaurants (pour d’évidentes raisons de sécurité) et rétablir la circulation automobile dans le haut de l’avenue du Six –Juin (circulation à double sens : il faut respecter la vision de Laujardiere et le sens circulatoire d’une« voie triomphale » à parcourir d’un bout à l’autre). Créer un rond-point au carrefour Saint-Pierre, rond-point traversé par les voies du TVR, le tout dans le cadre du réaménagement des abords du Château (faire apparaître dans le paysage du futur jardin, le plan de l’ancien quartier disparu en 1944 et restituer les anciens accès à la porte Saint-Pierre restaurée avec les éléments sculptés qui ont été déposés suite à la maladroite restauration des années 1960)

     

  • Cours des Alliés et chevet Saint-Pierre : actuellement cet espace essentiel pour l’image même de la ville de Caen est défiguré par sa transformation consternante en aiguillage des transports en commun ! Proposition : transférer la station de bus  « Saint-Pierre » devant la pelouse du Château et créer un plateau piéton sur cet emplacement accompagné d’un miroir d’eau à  hauteur du chevet Renaissance de l’église Saint-Pierre : cette pièce d’eau légèrement placée sous le niveau de la place pourrait être entourée d’escaliers en gradins et signalée par des bacs de topiaires. Elle permettrait le reflet de cet architecture extraordinaire et rendrait enfin hommage à l’esprit des lieux (la petite Orne coule toujours en dessous).

   

  • Cours des Alliés suite : le plateau piétonnier a très mal vieilli. Les bus doivent-ils toujours emprunter cet axe commercial essentiel ? La encore, pour ressusciter « l’esprit des lieux » trois propositions. Rapatrier à Caen, la fontaine des « Trois Grâces » actuellement jardinière à géraniums remisée au font du square municipal de Langrune s/mer. Cette fontaine est l’unique survivante, ou presque ! du mobilier urbain caennais d’avant la guerre et son emplacement fut d’abord sur la place St Pierre puis sur le Cours des Alliés là où se trouve justement un médiocre jet d’eau. En face, suite au départ du cinéma vers le nouveau site de la rive droite, pourquoi ne pas songer à la réouverture de la « brasserie Chandivert » dans ses locaux mêmes ! Puisque ce bâtiment en béton de style art Déco, ayant survécu aux bombardements, avait été construit pour l’abriter. Enfin, il y a urgence à ce que les « Galeries Lafayette » nous propose une autre « façade » sur rue que l’actuelle peau défraîchie faite de plaques de fibro-ciment ondulées. (du haut de la terrasse de cet immeuble : vue superbe sur le centre ville !)

   

  • Rue de Bernières : réhabiliter l’un des petits bijoux de la Reconstruction, à savoir le passage couvert « Démogé ».

   

  • Place de la République : achever sa reconstruction en recréant un « quatrième côté » (mur fontaine, création d’art contemporain; arcades ou fabrique de jardin rappelant les modénatures de la façade de l’hôtel de ville disparu en 1944). En arrière : transformation du parking de la préfecture en mail de promenade « Unter den Linden » avec ouverture d’un parcours à travers le parc du Conseil Général vers le nouveau quartier de la Cité Gardin. En avant : dégager le quadrilatère et y remettre la statue de Louis XIV si elle doit quitter la place Saint-Sauveur.

   

  • Oser l’art contemporain dans l’espace public : Guillaume le Conquérant, fondateur la ville de Caen, n’a toujours pas de statue ou de monument digne de ce nom ! Propositions : réaménager la place de la Mare en bas des fossés St Julien pour accueillir une œuvre d’art consacré au Duc-Roi ou accueillir cette œuvre dans l’enceinte du château. Faire un parcours de sculptures contemporaines sur les quais de l’Orne et établir des œuvres colorées et significatives sur le rond-point de l’Orne et le rond-point du 36ème  (Vive Nikki de Saint-Phalle !). Dans ce cadre, le quai rive gauche pourrait être transformé en mail de promenade dans le prolongement du cours Koenig  de la Prairie et proposer ainsi une grande coulée verte  le long de l’Orne  ou du canal à l’échelle de l’agglomération, de Louvigny à Ouistreham.

     

  • Signaux d’art contemporain aux entrées du centre ville : deux sites crient actuellement leur misère urbaine : Rive Gauche  le boulevard Clémenceau etRive Droite : l’axe  « Demi-Lune » rue d’Auge. Nous savons que le boulevard Clémenceau doit faire l’objet d’une requalification complète, nous souhaitons que les derniers bâtiments restants de l’ancien CHR (notamment la chapelle) puisse faire l’objet d’une réhabilitation, et nous proposons la création d’un rond point oblong à la hauteur de la « patte d’oie » de la Croix Guérin avec au centre un « signal » sculpture, colonne... proposée par un créateur contemporain. Le carrefour de la « Demi-Lune » pourrait recevoir une colonne assez haute qui permettrait de donner tout son sens à rue d’Auge enfin réhabilitée.

   

A ces propositions, parfois ambitieuses (mais elles ne sont pas, nous l’espérons, irréalistes) nous voudrions enfin, attirer votre attention sur quelques points concernant trois dossiers en cours :

 

    1) La piétonisation de la place Saint-Sauveur : l’idée de débarrasser le dernier théâtre d’architecture classique encore en place à Caen de sa pollution visuelle et automobile est bonne, sinon courageuse. Mais est-il possible d’animer une place piétonne avec des agences immobilières et bancaires ? Si Louis XIV doit retrouver son ancienne place « royale » (alias de la « République ») ne pourrait-on pas enfin implanter une belle fontaine dans un espace public à Caen ? Enfin, la requalification de la place St Sauveur ne sera pas totalement aboutie tant que l’église du même nom ne sera pas entièrement mise hors d’eau et restaurée (espace d’expositions et d’animation) et surtout tant que le Palais Fontette n’aura pas été lui-même restauré et transformé pour un nouvel usage (puisque la cour d’appel  sera établie sur la Presqu’île) : ce Palais Fontette, l’un des monuments emblématiques du centre ville,  pourrait être transformé en salle de concert dédiée aux musiques acoustiques ainsi qu’à la danse : cet équipement manque cruellement pour établir le rayonnement culturel de Caen si notre ville doit intégrer un réseau métropolitain normand.

     

2)   Le palais universitaire Henri Bernard doit être classé Monument Historique et ses abords enfin respectés : la statue du Phénix de Georges Leygues, actuellement cachée par le mobilier du TVR, pourrait être déplacée  sur l’esplanade de la Paix pour donner enfin du sens à cet espace public de transition qui n’en a toujours pas !

 

       3)   Poursuivre et achever la restauration du Château qui doit être le centre du centre ville : la restitution d’éléments disparus (flèche et clocher de l’église St Georges ;  restaurations à l’identique des portes St. Pierre et des Champs, escalier du logis du gouverneur), la mise en valeur de l’existant (par ex : poteaux et projecteurs pour signaler la présence du donjon) ainsi que le réaménagement muséal (exposition permanente « les Normands peuples d’Europe » dans la salle de l’Echiquier) doivent pouvoir faire du Château le point fort d’une nouvelle attractivité du centre-ville à l’échelle de toute l’agglomération caennaise et bien sûr au-delà, si  Caen confirme son positionnement comme ville universitaire et scientifique rayonnant sur un espace régional Normand voire Anglo-Normand.

 

    Avec nos meilleures salutations Citoyennes et Normandes, "

           Le Collectif Citoyen et Républicain                                                             

                             « Bienvenue En Normandie »

                             20 place Maurice Fouque 

                                     14000 CAEN

 

(Re) lire : http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-caen-une-ville-qui-a-peur-de-grandir-39489115.html

 

et les commentaires :

 

http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-caen-une-ville-qui-a-peur-de-grandir-39489115-comments.html#anchorComment

 

http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/ 

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Publié par Le Caennais déchaîné - dans Vie caennaise
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commentaires

sokal-bricmont 25/06/2010 20:25


Ah mais avec plaisir !

bises...tudieu, où ai-je la tête...


sokal-bricmont 25/06/2010 16:05


Si seulement des bisous pouvaient m'offrir un job :) (soupirs)

Je reviens un peu sur l'article.

Je soupçonne l'auteur de déjà bien connaître les projets du château : parcellaire d'avant guerre recomposé, flèche de Saint-Georges, structures formant peigne rappelant le donjon...tout ceci se
trouve dans le catalogue "Mémoires du château de Caen"...malheureusement, je crains que la seule restitution de Saint-Georges soit dans le domaine du réalisable, le reste est à oublié (voire déjà
oublié) :(


Le Caennais déchaîné 25/06/2010 18:55



Si vous voulez, nous pouvons vous mettre en relation tous les deux (l'auteur de l'article)... avec ou sans bisous...



christophe 24/06/2010 22:25


Vous êtes trognons tous les 2
allez bisez vous


Le Caennais déchaîné 24/06/2010 22:40



Jaloux !



sokal-bricmont 21/06/2010 11:31


Ah oui, et je rappelle que je suis l'initiateur de ce livret publié avec l'aide du CAUE

http://www.caue14.fr/upload/editeur/avenue-du-6-juin-2.pdf

La version définitive diffère quelque peu. Disponible jadis au CAUE ainsi qu'à l'office de tourisme, ce petit dépliant est aujourd'hui en rupture de stock...un vrai succès populaire qui ne demande
qu'à être poursuivi !


Le Caennais déchaîné 21/06/2010 11:45



Merci pour votre témoignage, vos travaux, et votre fidélité au "Caennais déchaîné".



sokal-bricmont 21/06/2010 11:23


J'ai lu ici de bonnes idées entendus ça et là ailleurs par divers "spécialistes" de la question.

En 2002-2003, j'ai écrit mon mémoire de DESS ("proposition de mise en valeur et de découverte du patrimoine de la reconstruction à Caen") au SDAP sous l'autorité de Benoît Raoulx, géographe qui a
beaucoup écrit sur le patrimoine de la Reconstruction, et de Régis Berge, ex ABF. Ce mémoire est certes perfectible avec le recul, mais le terreau est-là.

Delphine Mary a aussi soutenu son mémoire de maitrise (stimulant) en 2004 sur le rapport des acteurs et des habitants sur cet héritage toujours sous l'égide de Benoît Raoulx mais aussi d'Alain
Nafilyan de la DRAC.

Pour les textes les plus pointus ou critiques : Gourbin, Cremonini, Huet et l'indispensable "de la ville perdue à la ville retrouvée, la ville en devenir", publié au presse universitaires de
Caen

N'oublions pas aussi les villes qui on su avant Caen faire de belles choses sur leur bâti des années 50 : Lorient, la pionnière, lire à ce sujet les excellents textes de Patrick Dieudonné
disponibles en ligne. Royan bien sûr, Le Havre mais rien ne justifie à Caen un label UNESCO.

Il existe un réel souffle porteur de projets sur cet héritage mais la dispersion des personnes et la frilosité des responsables politiques est parfois déprimante.

Créons un véritable collectif, proposons et agissons ensemble. Je connais beaucoup de personnes à l'hôtel de ville qui ne sont pas insensibles à ces idées. J'ai tenté et je tente encore de
promouvoir ce patrimoine, mais seul la mission est difficile...et professionnellement je respirerai un peu mieux :)

Bonne journée


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