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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 12:12
" Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : c'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis, un jour on le prend dans la gueule, et il est trop tard pour l'expulser. " Françoise Giroud alias Lea France Gourdji 

http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/devedjian

 

Après les têtes à claques de Wauquiez, de Bertrand, et d'Apparu, voici la tête de turc du « Caennais déchaîné » : Patrick Devedjian.

Ah Paaaaatriiiiick ! Si tu n'avais point existé, il eût fallu t’inventer ! Voici un florilège (prière de rire seulement à la fin s’il vous plaît, sinon ça fait désordre) dont tu as le secret - rappelez-vous " cette salope d'Anne-Marie Comparini ", dixit le maestro en pleine inspiration.

« La Turquie est un pays qui menace tout le monde. J'ai compté, en moins d'une année, elle a menacé plus de sept pays : est-ce que vous croyez que c'est une bonne manière de conduire les relations internationales ? "

Sept pays, selon " l’Apôtre de la Paix Saint-Patrick " : Israël, Chypre, la Grèce. Oui, il en manque quatre. Permettez-moi de compléter : la Chine, la Russie, le Brésil, la principauté de Monaco. Et plein d’autres : le Monde de Oui-Oui, l’Île aux Enfants, l’Empire Sith et, aux dernières nouvelles, le nouvel Empire de Geneviève de Fontenay au nom terrible de « Comite Miss Nationale ». Fichtre, ils n’ont pas froid aux yeux les Ottomans ! Je poursuis.

« Dans notre pays, nous demandons que la Turquie cesse de diffuser sa propagande négationniste ». (Génocide Arménien non reconnu par les Autorités Turques. Et la France, elle reconnaît quand les siens ?) Plus loin : « L'Etat Turc aurait organisé des manifestations violentes en France au moment du vote de la loi. » (Question manifestations violentes, il en connaît un rayon le bougre ! Voir plus loin.) 

Dire qu’on a viré ce boute-en-train d’Hortefeux, et qu’on l’a remplacé par ce grand dadais de Guéant… Voilà où on en est maintenant : « Un Turc ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »  Et les bruits qui courent comme quoi ce serait le Mossad (service secrets Israéliens), sur ordre de Sarkozy, qui serait à l’origine des émeutes dans les banlieues françaises en 2005 ? Il n’en parle pas « Pat' La Balance » ? A nouveau, je lui laisse la parole.

« Au moment où la Turquie veut entrer dans l'Union européenne, et apparaître comme un pays qui défend les droits de l'homme, cette loi permet de révéler l'attitude de la Turquie sur la scène internationale et montre bien que la Turquie n'est pas le pays des droits de l'homme. »

Dans une France dévastée par l’UMP crypto-nazie, je m’esclaffe. Allez, une petite dernière de " Pat' le Pataud ". 

« Je crois beaucoup dans la société civile turque. Malheureusement, quand la Turquie a un Prix Nobel brillant comme Orhan Pamuk, elle le poursuit parce qu'il dit que le génocide arménien est une évidence ».

Je rassure le bon Samaritain Devedjian. Ces poursuites eurent bien lieu, elles firent couler beaucoup d’encre… pour être officiellement abandonnées fin décembre 2005.

Mais, assez parlé de " Pat' la Zizanie " et de ses turqueries présentes, pour nous pencher sur son passé tellement plus drolatique. Egalement sur celui de son petit copain de l’époque, le très sémillant Alain Madelin. Qui, mieux que Quentin Girard *, (voir lien en fin d’article), peut nous narrer la navrante, la désolante, l’affligeante vie de Patrick Devedjian, et de son petit copain Alain Madelin ? (mais ça je l’ai déjà dit.)

Camille Syssaëns-Moinzin 

madelin-devedjian2.jpg

" Occident " 

le passé qui ne passe pas,

de Madelin et Devedjian 

 

De l’agitation étudiante dans les années 60, on retient surtout Mai-68 et les mouvances gauchistes. Mais on oublie souvent Occident, un mouvement de droite très violent. Vincent Peillon a créé une polémique en ressortant des archives le passé de Patrick Devedjian et Alain Madelin.

« Il est naturel que des étudiants discutent et qu’ils le fassent avec passion. Mais l’usage de la barre de fer n’a rien à voir avec la passion intellectuelle ou politique.»

Frédéric Grendel, dans le journal La Nation du 9/11/66 à propos du mouvement Occident.

L’histoire les a pratiquement oubliés. Et ils ne s’en plaignent pas. « Ils », ce sont les membres fondateurs du mouvement, les Patrick Devedjian, Alain Madelin, Gérard Longuet

La vieille affaire ressortie en direct sur LCI par le socialiste Vincent Peillon sur l’équipée sauvage qu’auraient mené les deux premiers dans le sud de la France, au volant d’une Simca 1000, ne leur a pas plu du tout. Ils auraient, selon un article du Petit Varois de l’époque siphonné de l’essence, volé des papiers et été en possession d’une arme à feu. Patrick Devedjian et Alain Madelin ont porté plainte contre Vincent Peillon pour diffamation. Le député européen a été critiqué par son Parti pour avoir utilisé les mêmes méthodes que la droite dans l’affaire Soumaré.

Avérée ou pas, l’affaire de la Simca 1000 n’est qu’un événement bien anecdotique dans la jeunesse militante de l’actuel ministre de la Relance et de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances. Le mouvement Occident fut dans les années 60 l’une des plus violentes associations étudiantes, n’hésitant pas à s’en prendre aux étudiants communistes mais aussi aux étudiants gaullistes.

Occident est né d’une séparation avec la FEN, la Fédération des Etudiants Nationalistes dirigée à l’époque par le futur directeur de Valeurs Actuelles François d’Orcival. La FEN avait été créée en 1960 en opposition à la prise de position de l’Unef sur la question algérienne.

" Une scission à l’origine d’Occident " 

Après les accords d’Evian, et donc la perte de l’Algérie, des tensions apparaissent dans la FEN en 1963 et 1964. Alain Madelin et d’autres futurs dissidents n’acceptent pas la ligne de conduite de la nouvelle direction. Pour le journaliste Frédéric Charpier dans Génération Occident, l’un des rares livres consacrés à ce sujet, «ils n’acceptent ni la critique de l’armée, ni le rejet du christianisme, ni le ralliement à une nouvelle patrie européenne» et critiquent donc de manière virulente les dirigeants et le leader historique, François d’Orcival.

En février 1964, la FEN annonce alors la «mise en dehors des activités de la communauté nationalistes (de) huit militants qui ont eu des responsabilités au sein de l’organisation parisienne: Gérard Longuet, Jean-Claude Jacquart, ancien responsable lillois, Alain Robert, Alain Madelin, Gilles Revest, B. Pacaud, Frédéric Brigaud, François Duprat. (…) Cette décision a été prise après diverses tentatives des éléments cités de s’emparer des fichiers nationaux de la FEN, de créer des activités fractionnelles, à la suite d’une personnalisation systématique des problèmes et d’un activisme détraqué».

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« Occident »

En avril 1964, les statuts de la nouvelle organisation, « Occident », sont déposés. Leur programme est proche de celui du mouvement nationaliste dissous des années 50, Jeune Nation, et ils reprennent même le symbole de la Croix celtique. Il faut, selon un de leur tract intitulé Qu’est-ce que le mouvement Occident, « en finir avec le régime », « placer l’homme dans son cadre normal : la famille, la profession, la province, la nation », supprimer « le suffrage universel politique, néfaste aux intérêts de la nation » ou encore faire une « une seconde Révolution française antilibérale et antimarxiste » pour être «le point de départ d’un mouvement qui rendra l’Europe libre et impériale».

« Tuez tous les communistes où ils se trouvent ! »

Occident est dès le départ, et le restera toujours, un mouvement minoritaire. Au plus fort, 500 à 600 personnes seront encartées. « Dans son ensemble, la base d’Occident est plutôt petite-bourgeoise. Mais le mouvement recèle aussi une frange de militants aux origines modestes et une quantité non négligeable d’éléments déclassés et marginaux », explique Frédéric Charpier. Une centaine de personnes seront vraiment actives, pas mal sont étudiants en droit à Assas ou à Sciences-Po. L’immense majorité des étudiants n’adhèrent pas à leurs idéaux et n’adhèrera jamais. Mais cela ne les dérange pas. Ils aiment bien ce sentiment d’être marginaux. D’avoir raison seuls contre tous. Et, surtout, ils ont une méthode pour devenir incontournables dans le débat : la violence.

En 1965, le mouvement soutient activement le candidat d’extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour qui, après des sondages flatteurs en début de campagne, échoue lamentablement au premier tour. C’est le moment pour Occident de prendre ses distances avec leurs inspirateurs historiques, comme Pierre Sidos.

Pour l’auteur de Génération Occident Frédéric Charpier, « Occident est un petit milieu fermé, replié sur lui-même, qui se développe en vase-clos, selon ses valeurs, ses critères et ses modèles. (…) Occident représente les cinq pour cent d’étudiants qui, au Quartier Latin, rejettent l’influence des étudiants marxistes ». Dès 1965, à plusieurs reprises, ils s’attaquent à des réunions d’étudiants gaullistes et communistes avec des barres de fer et des coups de poings américains. Quand la majorité des étudiants s’enthousiasment pour Ho Chi Minh ou le Che, eux préfèrent soutenir les Etats-Unis au Vietnam ou les régimes de l’apartheid de Rhodésie et d’Afrique du Sud. En mars 1966, ils attaquent avec la FEN la Sorbonne et les étudiants en lettres. Entre les coups, ils diffusent un tract qui marque le coup et restera dans les annales : « Tuez tous les communistes où ils se trouvent! », reprenant alors un slogan du général indonésien Suharto.

" Le rituel de la scène des pets " 

L’un des principaux objectifs d’Occident est de défendre l’honneur de l’armée et de s’en prendre à tous ceux qui la critiquent. Jean Genet, avec sa pièce « Les Paravents », va entrer dans leur collimateur. Une des scènes va faire polémique, celle des pets, où des soldats français en Algérie pètent autour d’un des leurs, agonisant, pour qu’il meure en respirant «un peu d’air de chez nous». La pièce est jouée au théâtre de l’Odéon et a été financée avec de l’argent public. Par deux fois, des commandos d’Occident vont donc attaquer violemment la scène avec des fumigènes au moment fatidique et l’Unef doit venir protéger l’entrée du théâtre les jours suivants. Puis, tous les soirs, ils reviennent la critiquer bruyamment. Comme le raconte le livre Génération Occident, « Alain Madelin, Patricia, sa compagne, et Patrice Gelinet ne ratent quasiment aucune représentation. Ils ont presque leur place réservée au balcon où ils doivent attendre la sacrilège scène des pets pour déclencher le raffut. Au début, pas encore familiarisés avec le texte, il leur est arrivé de démarrer trop tôt. »

" Hitler n’est pas mort "

De 1966 à 1968, les actions d’Occident vont être une succession de violences comme en témoignent les articles de l’époque. Ils décident de s’en prendre à l’Université de Nanterre notamment, déjà connue pour être un repère d’étudiants gauchistes. Après un premier coup d’éclat qui laisse plusieurs étudiants à terre et en sang, ils sont accueillis les fois suivantes de manière musclée par l’Unef. Paris Match est là pour prendre des photos. Alain Madelin et Patrick Devedjian ont droit à une pleine page dans le magazine. Le gaulliste de gauche Frédéric Grendel les critique alors violemment dans le journal La Nation : «Hitler n’est pas mort. C’est lui qui arme les bras de ces énergumènes, et qui les transforme en sauvages. (…) Certes, ils ne sont qu’une infime minorité, mais leur faiblesse numérique est en elle-même un danger. Comme est dangereuse leur faiblesse intellectuelle. Pour les faibles, le couteau, le revolver ou la barre de fer sont des renforts précieux. L’espace d’un instant, quand ils frappent, ils se croient des hommes. »

En décembre 1966, pour la première fois, une des attaques d’Occident a des conséquences vraiment graves. Un étudiant de l’Unef, Pierre Rousset, fils de l’écrivain prix Renaudot David Rousset, est grièvement blessé et doit être trépané. L’Express note alors : « A la brutalité comme moyen ultime, ils ont substitué la brutalité comme premier et seul argument».

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" Devedjian torturé par les siens " 

En 1967, un commando, dont Alain Madelin et Alain Robert, l’autre leader, font partie, attaque violemment la faculté de Rouen (1) , poussant une partie de la classe politique, même de droite, à protester et la police à mener une enquête fouillée. Une vingtaine de suspects est arrêtée. Certains balancent à la police, instaurant un climat détestable dans l’association. François Duprat, un des futurs leaders de l’extrême-droite, qui mourra dans l’explosion de sa voiture piégée, est exclu du mouvement. Patrick Devedjian est lui fortement soupçonné. Génération Occident raconte cette scène hallucinante : Patrick Devedjian « est convoqué rue Soufflot. A peine a-t-il franchi le pas de la porte qu’il est frappé, déshabillé, jeté dans une baignoire. Quatre de ses camarades l’accusent d’avoir balancé aux flics et l’immergent sous l’eau. Ils veulent lui faire signer des aveux. Glissant entre leurs doigts, Devedjian heurte du front le robinet de la baignoire, un choc qui lui laissera une cicatrice. Il s’échappe, se précipite vers une fenêtre qu’il enjambe et se laisse pendre dans le vide, accroché à une corniche. Puis il se lâche et atterrit sur le trottoir, entièrement nu, avant d’être embarqué par une ronde de police ». L’actuel ministre de la Relance quitte alors rapidement le mouvement.

Occident, diminué, rejoint alors le Front Uni de soutien au Sud-Vietnam. Mai-68 marque pour le mouvement la fin des illusions. Les gauchistes sont trop nombreux, ils n’hésitent plus à être violents eux aussi. Certains veulent rejoindre les mouvements de masse et se battre dans la rue. Les leaders historiques, les deux Alain, Robert et Madelin, pensent qu’il faut soutenir la police. Après un mai compliqué et un été passé à tenter de recoller les morceaux, le mouvement reprend ses affrontements contre les gauchistes. En octobre 1968, ils saccagent le local du Snesup et la rédaction du journal Action. En représailles, le Relais de l’Odéon, un de leur QG, est brûlé. Le soir-même, une bombe détruit une librairie maoïste. Le Conseil des ministres annonce alors la dissolution d’Occident. Alain Madelin s’éloigne du mouvement et se lance dans la carrière que l’on connaît. Il ne renie toutefois pas son engagement comme il l’écrit  sur son site internet : « Le communisme était pour moi le totalitarisme de ma génération. Les goulags, les grandes répressions, les procès staliniens et tout un système fondé sur le mensonge, voilà ce que je voulais combattre. (…) Cela m’a conduit aussi à un anticommunisme militant, extrême et passionné, qui a accompagné une bonne partie de ma vie d’étudiant. Et comme à ce moment-là, la France de l’anticommunisme était marginalisée, nous avons été systématiquement confinés à l’extrême-droite. En face, ils étaient pour Mao et Pol Pot, pour les Gardes rouges et pour les Khmers rouges. Je ne regrette pas de ne pas avoir choisi ce camp-là. » (Il l’expliquait également chez Ardisson, à partir de la 12e minute de l’interview.)

Certains ne quittent pas ces mouvement violents et lancent le GUD et Ordre Nouveau, comme Alain Robert, qui se rapproche ensuite de Jean-Marie Le Pen. Aujourd’hui, les mouvements étudiants d’extrême-droite sont marginaux en France mais souvent très actifs sur Internet, comme le Bloc Identitaire. Dire à quelqu’un qu’il aurait été chez Occident est devenu une sorte de point Godwin (longue discussion pouvant amener à remplacer des arguments par des analogies extrêmes. NDLR) dans un débat entre étudiants de Sciences-Po. De temps à autre, le GUD ressurgit et colle quelques affiches à Assas. D’autres ont monté le Projet Apache, un mouvement identitaire régionaliste qui essaye de défendre la « grandeur de Paris » et s’inquiète du racisme anti-blanc. Peut-être que l’un d’eux, dans quelques années, deviendra un ministre respecté d’un gouvernement de droite modéré.

Quentin Girard,

du magazine Megapolis

(1) L'attaque de la Fac de Rouen, (12 janvier 1967) : "Une vingtaine d'invidus, blousons et manteaux de cuir noir a transpercé le brouillard. Ils brandissent des barres de fer, l'un d'eux, un trident. Ils hurlent " Occident vaincra, Occident passera, De Gaulle au poteau! ", se ruent avec une hargne incroyable sur les porteurs de pancarte du Comité Viet-Nâm et s'emparent du drapeau Viet-Cong. [...] Certains militants agressés ne se relèvent pas. Ils gisent à terre au milieu des débris de verre, des boulons des barres de fer et des chaises tordues, dans des flaques de sang. Un militant de la JCR, Serge Bolloch [qui deviendra journaliste au Monde] est dans le coma. Un coup de clé anglaise lui a enfoncé la boîte cranienne. On retrouvera dans sa chair un éclat de métal, c'est dire avec quelle violence le coup a été asséné." Frederic Charpier

* Tout, tout, tout, vous saurez tout sur Devedjian :

http://www.slate.fr/search/node/devedjian  

http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/

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Publié par Le Caennais déchaîné - dans Opinion
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commentaires

Sidonie 28/12/2011 18:44


Salut au caennais dechaine!!!  vu aussi sur internet :


 


http://www.tetedeturc.com/home/spip.php?article116

Antony 28/12/2011 18:13


Salope de chez salope !

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