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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 09:10

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Paul CuvelierUne délégation de l'Adada et du Synavi discutant avec le Conseiller du Ministre, le tout entouré par de pacifiques autochtones du Bocage. (Peinture de Paul Cuvelier)

 

Désaccord total …

Mobilisation plus que jamais nécessaire !

 

Contexte

 

Alors ? La visite du Ministre de la Culture à Vire valait-elle le détour ?

 

Nous l’avons entrevu, fugitivement aperçu, et finalement eu l’immense honneur d’être reçu par  son conseiller en présence de M. Kléber Arhoul directeur de la Drac. Faut-il le dire, ce dispositif ne fut pas pour nous surprendre. Nous savions parfaitement que l’entrevue espérée n’avait pas d’autre objet que d’amener les organisations syndicales à résipiscence. Éviter que la visite assez incognito et impromptue du Ministre puisse faire l’objet de vagues et autres facéties incongrues dont les intermittents ont justement montré (et encore récemment) qu’ils en avaient le talent !

Ceux qui s’interrogent sur le pourquoi du comment de l’acceptation par le Ministre de recevoir une délégation d’organisations aussi misérables qu’inconsistantes que sont ADADA et le SYNAVI Basse-Normandie, ont en cela la réponse.

 

C’est notre capacité à troubler l’ordre public qui nous a valu cet honneur !

EST-CE BIEN CLAIR, CAMARADES ARTISTES QUI DORMAIENT DANS VOS CHAUMIÈRES ?…Nous ne pesons que du poids de notre mobilisation !

 

Voilà la grande, sublime et belle leçon que nous avons apprise  de notre escapade viroise…hors la mobilisation : point de salut !

Ce que le Ministre voulait éviter hier, c’était que nos fameux et célèbres Clowns Républicains de Sécurité sortent leurs binious ! ( les CRS de l’adada ont déjà sévi et séviront encore )

 

Sonnez trompettes et battez tambours, les intermittents sont toujours là avec leur chanson favorite qui fait COUAC ou COIN–COIN lorsqu’ils « canardent » !

Bref nous fûmes en l’état, très discrètement, la seule fausse note du rituel de la visite ministérielle.

À preuve, un journaliste plus curieux que permis s’étant inquiété de notre présence auprès des représentants du Ministre fut éconduit par ces derniers d’un « rien à déclarer » dont nous eûmes à le consoler en lui disant tout !

C’est aussi chers amis pour combler votre frustration que vous trouverez ci-joint un compte-rendu le plus complet possible de notre virée viroise.

 

Des mauvais esprits diront que nous y sommes allés faire l’andouille…On leur concède volontiers la pertinence de jugement mal accordée à cet inévitable et  mauvais trait d’esprit. On aura fait ce qu’on a pu …Le mieux peut être l’ennemi du bien ! Le plus sûr moyen de discuter par les temps qui courent, c’est encore et toujours, se mobiliser et taper sur nos casseroles !

  

L’entrevue du Bocage

 

C’est bien sûr, par un discours lénifiant sur la dette et la crise et les dépenses inconsidérées des français que Monsieur le Conseiller personnel du Ministre nous accueillit !

 

Nous fûmes surpris et décontenancés de ce règlement de compte car nous n’avions pas sur nous un sou vaillant pour rembourser la dette dont on nous accable …Et dont on menace notre progéniture !

Évidemment, on s’interroge d’emblée sur l’évidente indécence des revendications et propos que l’on est susceptible d’émettre !

 

Se taire ou passer outre…Nous avons choisi l’outrage.

 

Sans exprimer le moindre regret, sans essuyer la moindre larme, en mal élevés que nous sommes, sans nous excuser du dérangement de la crise établie et du chagrin que nous pouvions causer au conseiller du Ministre…Nous avons donc outrepassé la décence et fait état de nos préoccupations.

 

Jean-Pierre Dupuy, Président d’adada, eut donc l’insigne honneur d’ouvrir le bal, en remerciant courtoisement nos interlocuteurs du temps qu’ils pouvaient bien nous accorder à faire semblant de nous écouter[1].

Comme l’adada l’écrivait dans son dernier courrier adressé au Directeur Régional des Affaires Culturelles de notre Région : il nous paraît important pour ne pas dire décisif que le Ministère de la Culture soit le Ministère de tous les artistes !

 

Si, en cette heure qui fut solennelle, nous avons cru devoir souligner cette exigence, c’est pour, hélas, déplorer qu’aujourd’hui cela ne soit pas le cas !

 

Il y a donc des artistes, laissés-pour-compte de la politique de l’état et justement (avons-nous dit)  les artistes présents en étaient une brochette représentative ! Il y avait là : outre JP Dupuy déjà nommé ( interdit de pratique artistique par décision d’experts en date d’octobre 2005) Romuald Duval secrétaire régional du SYNAVI (animateur de l’Oreille arrachée, membre du Bazarnaom) Laurent Frattale membre du bureau national du Synavi en charge des rapports avec l’Ufisc (Comédien,  Directeur des Ateliers Intermédiaires à Caen) Arnaud Gilberton membre de l’adada, en charge des questions de l’intermittence (Musicien-animateur de musique actuelle ; Membre du Bazarnaom) Nicolas Maurel et Mélanie Marie Adada/Synavi, animateur du collectif danse ( danseurs et chorégraphes Compagnie Accorps implanté à Falaise Calvados).  Pas un d’entre nous – exception faite de la Compagnie Accorps -  ne doit son existence (entendons ses moyens d’existence et de travail… aux services de l’état !) Notre vie et survie, dépendent plus que largement des collectivités locales ! Notre camarade Romuald Duval du Syndicat National des Arts Vivants reviendra sur ce sujet en s’inquiétant de la Réforme des collectivités territoriales[2]…

L’adada comme le Synavi essaient d’organiser et défendre les « acteurs » les plus précaires et les plus fragiles du secteur culturel, lesquels n’entrent que peu ou prou[3] dans les statistiques du Ministère.

Il y a, avons-nous souligné, un problème de lisibilité …Chaque instance publique a « ses artistes » …et certains « artistes » ne le sont, de personne ! « A existe pas » comme dirait la môme Néant de Tardieu[4]

 

Après cette intro sur l’artiste inconnu tombé au champ d’honneur des trente ans de crise d’un système qui n’en finit pas de. Nous[5] sommes entrés dans le vif du sujet.

Récemment, à l’émission « l’objet  du scandale » sur A2 (interrompue par les intermittents du spectacle[6]) le Ministre a dit vouloir marquer son passage dans ses hautes fonctions du sceau de la démocratisation culturelle, profession de foi ramassée dans la formule : « la culture pour chacun ».

 

Sur quoi nous rebondissons pour dire : chiche ! Et pour cause, atteindre un objectif aussi généreux qu’ambitieux, ne peut se faire sans la mobilisation de toutes les forces vives de la culture!

 

Car pour la mise en œuvre d’une réelle politique de démocratisation, d’éducation artistique et populaire qui serait sans précédent, nous ne sommes pas de trop ! Les forces créatives, en veillant à ce qu’elles soient de qualité sont tout simplement dans l’état actuel des choses, insuffisantes !

Nous pensons aussi qu’il y a loin de la coupe aux lèvres …la seule question qui vaille devient Le Ministre se donnera-t-il  les moyens de son ambition ?

 

 Un rapport parlementaire récent (Cour des comptes/ M. Dell’Agnola) sur le spectacle vivant a mis en évidence une certaine incurie dans l’évaluation des moyens et forces en présences concernant  notre secteur (je parle ici du secteur indépendant !) Comment peut-on mener une bataille (la démocratisation) de cette ampleur sans une revue sérieuse d’effectifs ?

 

Bref  s’il y a carence dans l’évaluation des moyens comment prétendre atteindre l’objectif !

Tant que le secteur indépendant restera en jachère, livré à lui-même, bafoué et méconnu …Cachez- moi ce secteur de la culture que je ne saurais voir ! [7]…le slogan « la culture pour chacun » ne connaîtra pas un meilleur sort que le mort-né « la culture pour tous »… Pour sortir des formules incantatoires qui relèvent de l’exorcisme, que faut–il faire ?

 

Que Faire ?

 

Reconnaître et mobiliser le secteur indépendant nous paraît la condition sine qua non - avons-nous insisté auprès du conseiller - ce qui implique que la Drac s’occupe en concertation avec les autres instances publiques (Région, Départements et Villes) des dossiers nous concernant ! Voir ci-dessous en italique :

 

Tout au long des interventions de la délégation. Nous aurions souhaité poser des questions précises à Monsieur le Directeur de la Drac  pour éviter de rester  dans l’ordre des généralités. Il lui fut remise la note ci-jointe pour mémoire et fixer notre questionnement.

Le rééquilibrage que nous souhaitons passe certes par la concertation entre toutes les « tutelles » mais nous avons constaté par un comparatif entre toutes les Régions (Drac comprises) qu’une marge de manœuvre existe … Et que justement  cette marge permet une meilleure attention aux entreprises indépendantes. Pourquoi ce ne serait pas le cas en Basse Normandie ? Pourquoi  serions-nous écartés de cette perspective, indispensable aux objectifs du Ministre ? Illustrations par des exemples précis : 

 

Quelle aide et soutien apporte la Drac, à la Compagnie Jacky Auvray qui dispose d’un étonnant outil  de salle mobile ? Comment ce professionnel estimé et apprécié peut-il organiser des manifestations importantes sans aucun soutien sérieux de la Drac ! Il ne s’agit même pas de lui, à titre personnel, mais de l’effort qu’il fait pour mettre son outil au service des musiciens amateurs ou professionnels et des compagnies de danse de la région. Quel soutien conséquent  à  ces chorégraphes qui, à Caen,  prennent le risque d’ouvrir des salles Hippocampe de la Compagnie Aller retour ou studio 50 de la compagnie Awama, Comment la Drac accompagne-t-elle la Compagnie Actea qui porte à bout de bras la formation professionnelle des acteurs dans la Région ? Comment sont soutenus les efforts de mutualisation à travers Bazarnaom ou les Ateliers Intermédiaires ? Et l’association poly-disciplinaire Amavada comment la traite-t-on? Quel intérêt est porté à l’un des rares sites de critique artistique existant en France : « l’insensé » ? Comment la Drac accompagne-t-elle et s’implique-t-elle dans l’expérience originale des lieux-relais initiés par la Région ? Pourquoi n’a-t-on pas retenu notre proposition d’États Généraux de la Danse concernant tous les acteurs de ce secteur ? Enfin nous l’évoquions dans un dernier courrier : pourquoi la compagnie Silenda est-elle frappée d’ostracisme ainsi que la Compagnie émergente « projet libéral » de Thomas Ferrand ? À quoi ressemble cette politique ? Quelle est sa cohérence ? ADADA. 22 Mai 2010.

  

L’évolution des institutions constitue aussi un des volets incontournables d’une nouvelle phase de la politique culturelle. Une véritable démocratisation ne peut pas se faire sans elles ! Or, le moins que l’on puisse dire, si on en croit la rumeur publique et de récentes manifestations, c’est qu’elles n’affichent  pas un visage bien florissant

Nous avons donc rappelé au Conseiller que les lois de Baumol [9] depuis toujours mettaient en difficulté les institutions et que si une vraie réforme de l’intermittence ferait du bien au secteur culturel, une vraie réforme du mode de subvention des institutions, ce serait pas mal non plus.

 

Soyons concret … qu’est-ce qu’une politique  qui prétend préserver la création ?

 

Chacun voyant midi à sa porte : Voyons quelle heure sonne au clocher de notre Centre Dramatique de Normandie !

Parler de création – entendons bien - c’est parler de marge artistique ! Il faut appeler un chat, un chat[10]…

 

Donc en quoi les derniers moyens que le Ministère a alloué – via la Drac – au CDN, ont-ils conforté sa marge artistique ? Comment et pourquoi nous expliquera-t-on, un CDN ne peut se programmer à Avignon sans l’aide exceptionnelle de sa Région ?

 

Bref dispose-t-il  ou pas de fonds propres nécessaires à l’accomplissement de sa mission ?  A-t-il ou pas, la capacité d’honorer son cahier de charges ? Vis-à-vis de l’intermittence ? Vis-à-vis des compagnies indépendantes ?

Vous voyez, avons-nous insisté auprès du conseiller, tout est lié… L’avenir de notre secteur ne va pas sans une saine gestion des marges artistiques des institutions Nous sommes bien conscients  que l’ensemble des forces vives doivent avancer d’un même pas.

 

Pour conclure notre propos, nous revenons sur le « culture pour chacun »…resucée du « culture pour tous » et nous posons la question qui fâche : comment éviterez-vous l’effet d’aubaine [11] ? C’est à dire faciliter toujours plus l’accès de la culture à ceux qui en ont déjà le bénéfice ?

 

La volonté d’élargir  la base sociale n’est pas nouvelle …Alors pourquoi cette base reste toujours la même ?

 

Y aurait-il quelque part un vice de forme ? Une erreur « politique » dans le diagnostic ?  Une mauvaise évaluation ?

 

Nous sommes enclins à le penser… Saura-t-on nous écouter ?

On peut toujours rêver.

 

Mes camarades souhaitent  en témoigner.

 

Tel fut le propos liminaire du Président Jean-Pierre Dupuy.

 

Pour l’Adada.  Coordination des Artistes de Basse Normandie 22 Mai 2010

 

   Réponses du Conseiller

 

Alors ?  Bon, bien, oui, oui… D’accord.

Voilà Monsieur le Conseiller n’a rien objecté !

 

Si nous nous ne sommes pas d’accord avec la politique actuellement suivie … Et n’y croyons pas … Monsieur le conseiller trouve à propos, grosso modo, nos propositions [12] …De toute façon le temps pressant  et le rituel syndical étant ce qu’il est, nous ne pouvons qu’être d’accord !

 

Du coup notre camarade Laurent Frattale dont on connaît le goût pour les beaux textes a cru bon intervenir  en ces termes ; «mais attendez Monsieur le Conseiller … Il faut nous entendre sur les mots ! De quoi parlons-nous ?  Nous ne sommes pas si d’accord que ça … Sémantiquement parlant ! »

Las, la mise au point de l’ami Frattale fut vaine …La langue de bois étant ce qu‘elle est, nous fûmes invités à poursuivre …

Et donc, c’est notre camarade  Arnaud Gilberton qui s’y colla !

 

D’emblée l’ami Arno donna dans la discordance et brandit sous le nez du conseiller la pétition « nous voulons travailler en paix » !

Vous savez ! Cette pétition où l’adada explique que les artistes qui interviennent dans d’autres cadres que les lieux de spectacle le font cependant à partir de leur réalité d’artistes et d’aucune autre ! Qu’ils ne sont ni des enseignants, (en milieu scolaire)  ni des animateurs (en milieu socio-culturel) et encore moins des assistantes sociales (dans les quartiers ou dans le social) .

 

Passé la légère sueur froide provoquée par les 3 600 signatures de la pétition ... Arno poursuivit son propos sur les difficultés des chômeurs avec Pôle Emploi, provoquant l’intervention du Drac nous assurant d’une rencontre possible et souhaitable avec Pôle Emploi. Transmission au Drac de la coupure de journal (OF) sur  le RAS LE BOL de Katia… On s’en occupe ! nous sera-t-il assuré.

C’est le moment que choisit Romuald Duval pour parler de la réforme territoriale …De l’inquiétude ! de l’angoisse ! DE… Je vous arrête  Monsieur !

 

Comment ? Duval …Monsieur Duval …Oui du Synavi ? Monsieur Duval du Synavi …Il n’y a pas lieu ! Chassez ! Monsieur Duval les lourds nuages qui obscurcissent votre front ! laissez les tomber dans les abyssales profondeurs de l’océan atlantique (« in deep bosom  of the ocean burried » dirait Richard III de William Shakespeare).

Les collectivités territoriales vont garder leurs compétences !

 

« Mais » tenta Romuald Duval !

 

« chutttttt »[13]  enjoint le conseiller « garderons, vous dis-je ! »

 

« Avec quel argent » tenta encore,  blême, livide, désespéré l’ami Duval !

Le conseiller chaussant ses lunettes, laissa tomber un laconique et définitif : 

 

«  Je vais devoir vous quitter »

Stupeur de la délégation. Incrédulité et consternation. Ultime et désespérée tentative : Nous avons à faire des propositions originales, d’intérêt national ! NATIONAL ! Notamment sur la Danse …

 

Alors Nicolas Maurel et Mélanie Marie avec la vivacité d’esprit qu’on leur connaît vont posément exposer ce qu’on peut souhaiter de mieux pour le développement de la danse contemporaine sur tout le territoire ! Comment en Basse-Normandie mettre en musique une vraie concertation avec une CONFÉRENCE PERMANENTE pour la danse  dont nous avons  pu convaincre la Région à l’initiative de son Président Laurent Beauvais, Président socialiste et Pascale  Cauchy  Présidente Culture d’Europe Écologie … Donc un contexte local et régional très favorable peut permettre la mise à l’épreuve d’un outil que la France entière va rapidement nous envier.

Et nous avons un collectif danse très actif !  Bref, une chance et à saisir ... Un vrai travail à faire ... Et d’ailleurs Monsieur le Drac en a convenu le 29 Mars dernier quand nous avons pique-niqué à la Drac et qu’il nous a reçu aimablement.

 

Enfin enchaînera-t-on, nous voulons un Centre Ressources qui ne laisserait personne sur la touche ! Une organisation rationnelle  de la concertation et  de la politique culturelle avec le concours de tous les acteurs !

 

Laurent Frattale membre national du puissant Syndicat National des Arts Vivants va conclure Il reviendra sur la promesse du Ministre faite à « l’objet du scandale » de voir tout le territoire couvert pour une TNT accessible partout … Ce n’est pas la « Culture pour chacun » mais la télé … à coup sûr, chacun en aura sa dose.  Significatif dira Laurent …et là ! Incident ! Le conseiller sort de ses gongs  NON et non !  Mise au point-il ! Vous tirez un mauvais parti d’une anecdote !

Anecdote reprend de volée Laurent Frattale … Il faut s’entendre sur le sens des mots « anecdote » c’est vite dit  .. « moi, je… »

 

Parti !  Envolé ! Le conseiller …

Nous nous regardons interloqués ? …

 

Et soudain en rafale : Rires ! Quasi fou rire … Bon ! Le vin est tiré, il faut le boire ! Nous décidons de quitter la place et de rejoindre le Ministre au plus vite.

On y va ! Et nous allâmes ! … Et c’est comme ça, qu’un journaliste en vadrouille parvint à nous intercepter sur notre route de Compostelle  vers le théâtre des opérations ministérielles.

 

 Texte collectif. Lu, revu et approuvé par la délégation. 24 Mai 2010.

  

[1] ça fut plus pensé que véritablement dit

 

[2] Ce qui fut fait mais sur ce sujet sensible le conseiller jura ses grands dieux que oui, plutôt que non ! On ne touchera pas aux compétences culturelles … Ce qui lui vaudra de la part du camarade Romuald un « ce n’est pas si simple ! Il y a des ressources qui… ». Le camarade n’a pu finir sa phrase car le temps nous était compté ! La question de fond serait plutôt : quels grands dieux convoqua dans sa barbe le conseiller imberbe. Par ailleurs signalons que le Synavi entreprend une démarche auprès de tous les députés de la région pour défendre la clause de compétence générale reconnue à tous les niveaux.

[3] J’ai utilisé là cette expression pittoresque sans trop savoir d’où ce « prou »  tient son origine mais il tient bien en bouche peu ou prou.

 

[4] Ça non plus je l’ai pensé mais pas dit pour éviter la cuistrerie dont on accable ceux qui s’invite au banquet des mots poétiques.

[5] Je dis « nous » car le plus souvent, bien sûr, je ne fis que traduire une parole et un sentiment collectif  même si - je le concède - il m’échappa parfois des propos d’une acidité assez corrosive, à la limite du tolérable.

 

[6] Intermittents à qui sans doute nous devons l’insigne honneur d’avoir pu être reçu

 

[7] la formule doit se corriger de ce que, bon an mal an, NOUS obligeons, organisations nouvelles Synavi, SMA, Fédurock, Cirque de création, fédé art de la rue, Ufisc, Adada, nous obligeons les pouvoirs publics à compter avec NOUS ! Mais cela se fait si j’ose dire à la force du poignet et nos politiques ont du mal (toutes orientations confondues) à prendre conscience de ce « changement » considérable de la donne  du développement culturel. Mais ne désespérons de rien car les signes existent d’une nouvelle perception politique de la problématique culturelle et de ses acteurs ! Il nous semble que le développement culturel s’aborde aujourd’hui d’avantage sous l’angle du « trait de civilisation » comme Edgar Morin avait pu le pressentir. J’en profite pour saluer ici la naissance, en basse Normandie  d’une fédération régionale des musiques actuelles et plus. Tout effort de structuration participe  de la prise de conscience des changements en cours.

[8] Cet inventaire fait la part belle à Caen-Capitale ! Surtout ne pas en déduire que nous ignorions les problèmes de nos camarades de la Manche ou de l’OrneL’adada vient d’engager une importante campagne pour obtenir les moyens de mobiliser vraiment tous les artistes de la région  présents sur tout le territoire…C’est donc très tactique que  cette mise en avant de la problématique de Caen-Capitale …C’est que, sur la capitale, de plus en plus, une attente s’exacerbe qui demande des solutions urgentes et concrètes. Comment gérer efficacement la floraison des structures indépendantes ? Cela ne peut se faire et se penser sans le concours de tous et en tout lieu du territoire.

[9] Qu’est-ce que les lois de Baumol ! Je ne me lasse pas de les expliquer …C’est la règle qui veut que les entreprises à forte main d’œuvre humaine (c’est le cas semble-t-il des entreprises artistiques)  ne peuvent prétendre à des gains de productivité en remplaçant l’homme par des machines ( pardon aux marionnettistes) … Donc  le coût des matières premières et  l’augmentation mécanique ( respect des conventions collectives)  de la dépense concernant la masse salariale creuse chaque année pour les institutions un déficit... Si donc il n’y a pas une augmentation  de la dotation financière  alignée sur le coût de la vie et l’augmentation des salaires ... L’institution doit « ramer » pour « combler » son déficit ! Comme les pouvoirs publics - pure distraction de leur part -  ne veille au grain  que sous la pression… Il en résulte deux choses en forme de dégâts collatéraux : Ce sont les intermittents ou les indépendants qui opèrent dans le champ institutionnel qui servent de variable d’ajustement ! L’institution fait avec eux ce qu’elle ne peut pas faire avec son personnel permanent qui lui bénéficie de sérieuses protections. Autre dégât et non des moindres : discrédit systématique porté aux gestionnaires d’institution qui passent pour  des « zozos ». Au bout du compte, ce n’est bien sûr, pas par hasard  que la puissance publique utilise les lois de Baumol comme épée de Damoclès, menaçant nos institutions. C’est un chantage permanent  qui pèse sur l’indépendance des institutions !

 

Parfois, il peut conduire à la démission brutale d’un responsable. Ce n’est pas le cas semble-t-il de M. Jean-Jacques  Passera ex directeur de l’Esam (nouvelle école des beaux Arts de Caen)  qui vient de démissionner. Les citoyens dont nous sommes, aimeraient bien en connaître les raisons  … Est-ce trop demander ?

 

[10] Dans les années 80, la maison de la Culture de Bourges en fut réduite à ne plus faire que des « décors » pour les autres, pour cause d’une marge artistique réduite à néant. S’agissant de notre CDN, Monsieur le Drac saura nous dire que Jean Lambert-Wild a eu trois ans pour rétablir les comptes et que MAINTENANT il doit se consacrer à son art ! Heureux fûmes nous, de l’apprendre et nous fut-il dit, d’y trouver le motif de la présence du CDN à Avignon !  Nous fîmes observé incidemment que l’équilibre des comptes et  marge artistique à nos yeux ne se confondait pas ! À preuve, il fallait un coup de pouce financier de la Région pour permettre au CDN de se manifester artistiquement à Avignon !…Par conséquent, pas de miracle ! Marge artistique en peau de chagrin  veut bien dire soutien à la création en trompe l’œil ! Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles !

 [11] C’est en s’appuyant sur l’ouvrage sur « les pratiques culturelles des français » d’Olivier Donnat  que l’on peut faire le constat que la culture rapportée aux beaux arts  reste toujours aussi peu partagée. Non pas « privilège » d’une élite  (en quoi cela conférerait-il un degré supérieur d’existence ?) mais pratique d’une minorité a contrario de la télé qui serait à raison de 3H30 par jour en moyenne hyper partagée. Ce qui confère aux français un degré de culture très appréciable dont un effet remarquable est la grande popularité de la Culture ! Les français approuvent massivement la politique culturelle à tous les niveaux …C’est le vecteur le plus sûr d’une popularité « cultivée » … Est-ce pour cette intelligence de la chose politique que le Maire de Caen garde sous sa gouverne  la  Culture ?  En tout cas une organisation politique qui sous estimerait  le vecteur culture y perdrait un des meilleures occasions qu’elle a de se rendre populaire ! La visite de Frédéric Mitterrand à Vire … Avant sa montée des marches à Cannes ce même jour  avait-elle un autre objet ?

 

[12] Désolé mais développer ici l’enfumage - discours fumeux et convenu du conseiller présente peu d’intérêt -  Impossible pour moi d’en retenir que des bribes, fasciné que je fus par l’ennui morose et las émanant de nos interlocuteurs chargés qu’ils étaient de distraire un temps précieux gâché en notre compagnie alors  qu’à quelques mètres le Ministre pérorait  tandis que tiédissaient les petits fours.

 

[13]  Si je donne dans une certaine ironie cela n’enlève rien à ce que nous avons pu défendre  sur le fond ! S’en tenir au sérieux  de ma part ne serait pas sérieux… Et puis une fois pour toutes nous avons décidé de mener nos luttes joyeusement ! Donc si vous voulez échapper à la morosité ambiante rappelez-vous sans cesse qu’à l’adada on milite la fleur au fusil en gardant toujours le rire à portée de main. En tout cas mes plaisanteries pas toujours fines j’en conviens ne visent pas à blesser qui que ce soit …mais à alléger autant faire ce peu, la lourdeur et longueur du propos.

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Publié par Le Caennais déchaîné - dans Culture(s)
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commentaires

Anna 30/05/2010 19:35


Y a pas si longtemps y'z'étaient encore cannibales !!


Le Caennais déchaîné 30/05/2010 19:39



Non, c'est vrai ? Mince !



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