Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 09:09

"Je suis un éphémère et point trop mécontent citoyen d'une métropole crue moderne, parce que tout goût connu a été éludé dans les ameublements et l'extérieur des maisons aussi bien que dans le plan de la ville." Arthur Rimbaud

http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/  retour-vers-le-futur-85-10-g.jpg

"Nom de Zeus, Marty ! C'était pas déjà comme ça, Caen autrefois ? Mais que s’est-il passé ?

- Rien justement, Doc. A croire que le temps n’a jamais existé !"

 

NB : Cet article a été écrit bien avant ceux de "Liberté" du 5 et 12 janvier 2011, de "Coté Caen" du 4 janvier 2011, et de "Tendance Ouest"le 5 janvier 2011. Il a toutefois été remanié en conséquence. Léopold Hair

 

Alors que je consultais à la Biblitothèque des ouvrages historiques sur la ville de Caen, je tombais sur « Caen dessine son futur : projet de ville 2000-2010 ». Je ne pensais pas qu’un retour dans le futur aussi récent serait si fort. Déjà parce que Jean-Marie Girault signe la préface. En 2000, il était encore maire, Brigitte Le Brethon adjointe chargée des affaires sociales, vie associative et quartiers, Luc Duncombe environnement, politique des déplacements et « écriture du projet de ville », Philippe Duron modeste maire de Louvigny (mais aussi député pendant la cohabitation Chirac-Jospin). Les projets d'alors : le tram qu’on appelait TVR (travaux à la rentrée 2000, mise en service en novembre 2002), la piétonisation du centre-ville... avec ses bites sodomites pour automobilistes insouciants, les grands axes encore à sens unique, etc. 

Ce livre sera le résultat de réunions publiques et le projet d’un « Livre Blanc ».

En premier, il évoque les jardins (dits ouvriers ou familiaux). Juste derrière le Zénith, 25 potagers devaient "éclore" chaque année. « Comme l’ouverture prochaine du square Saint Vincent de Paul, les espaces verts des Quartiers Lorge et Bon Sauveur seront bientôt fréquentés par tous les Caennais » : déjà en 2000, les grilles le long de la rue de Bayeux s’élevaient, elles ne sont toujours pas tombées. Les quartiers de la rue Caponière sont encore des projets immobiliers. Pour le Bon Sauveur, son cloître en friche est démoli ; rendez-vous sur les articles de juin et juillet 2010 pour lire les regrets.

Le livre revient notamment sur les grands réaménagements qui ont eu lieu ces dernières années : le port et la presqu’île, les quartiers de la Guérinière et tous ceux touchés par le tram.

Au Bassin Saint Pierre, le projet concerne surtout le quai Vendeuvre. Cela concernait tout le bassin pour de nouveaux commerces, en particulier un marché couvert « prochainement installé » (projet évoqué trois fois ; les passages couverts eux sont en ruines : celui du Moulin rue St Pierre n’existe plus, remplacé par le magasin H&M, Démogé décline). La piste cyclable avenue de Tourville est terminée. Aménagement d’une base communale pour les sports d’eau et des projets pédagogiques sur le nouveau bassin : les associations se contentent de leurs installations présentes.

Ensuite, le livre expose les projets historiques tournés vers les monuments : la rénovation des églises Saint Pierre et Saint Jean. Si à St Pierre les travaux ont commencé, on ne s’est pas encore penché sur Saint Jean. Le grand projet est le Château : réfection des vestiges du donjon et du vieux palais, les jardins des enfants et des Simples agrandis. La Salle de ’Echiquier aurait un musée de l’expansion médiévale Normande, un centre d’interprétation multimédia, une idée provoquée par le succès de l’exposition des Vikings en Méditerranée. S'y rajoutent la rénovation des douves menacées déboulement, et cette grande salle vide dévolue aux expositions temporaires.

Les projets en logements sont surtout privés, donc peu concernés par la mairie si ce n’est pour le saupoudrage d’un peu de logement social dans les grands projets. Un « parc locatif social temporaire dans le patrimoine privé de 350 logements, par exemple l’hôtel du Grand Cerf, place Saint-Sauveur ». Ce monument historique, caché par l’immeuble n°10 rue Pémagnie, coincé entre le café Montmartre et le collège Pasteur, a été transformé par la ville pour seulement 11 logements sociaux.

Par contre, ce qui  restera comme la construction de la décennie, c’est la reconstruction de la Guérinière. Les anciens terrains militaires devaient accueillir des administrations et des activités économiques, tertiaires et artisanales. Si la DRASS est là, la gendarmerie reste avec de nouveaux locaux, mais rien du parc d’activités. La rénovation du mobilier urbain (comme un skate park place Sully) est plus modeste mais pertinente.

L’autre quartier chamboulé par le tram est le Calvaire Saint Pierre. Avec la « réorganisation du cœur de quartier », « le petit centre commercial est appelé à se déplacer pour se rapprocher » de la station de tram. Le livre y développe le projet chimérique d’un ouvrage, une passerelle franchissant le boulevard périphérique avenue Horatio-Smith pour les étudiants « et moins de bruit pour les riverains. »

Venoix a eu son boulodrome. La Grâce de Dieu aurait une salle de boxe et de musculation.

L’autre serpent de mer : les piscines. Celle de la Grâce de Dieu serait restructurée. Le Stade Nautique et la Patinoire bénéficieraient d'une totale rénovation. Résultat : tout doit être détruit, seul le Stade Nautique sera reconstruit...

La Maladrerie-Beaulieu devait posséder une MJC et une mairie de quartier, il y a juste l’Espace Tandem.

Déjà prévu en 1995, le Cargo a bel et bien été inauguré.

Le regroupement de l’école Régionale des Beaux-arts est sorti de terre : l’ESAM sur la presqu’île. Le livre l'imaginait sur les terrains conventuels du Bon Sauveur et de l’ancien lycée Jeanne d’Arc. A la fin on rajoute « implantation éventuelle ». Aujourd’hui on parle du Centre Chorégraphique juste dans la Chapelle à côté des projets immobiliers.

Et « encore à plus long terme une médiathèque digne d’une capitale régionale sur la Presqu’île ». Aujourd'hui, Jean-Marie Girault dit « dommage d’être excentré mais c’était difficile » (Luc Duncombe en 2008 rêvait de l'installer place de la République). Dans le livre, il n’y a pas de projet global. Aussi, il sera fait au fur et à mesure comme le nouveau tribunal d’instance. 

Venoix cheron tram Ce n’était pas il y a dix ans, mais un siècle : le tram était déjà comme il sera. Tel père, tel fils !

 

Le grand projet des années 2000 est du domaine des transports et de la circulation urbaine : le TRAMway.

Avant même l’ouverture prévue en 2002, « une deuxième ligne viendra ensuite traverser l’agglomération d’est en ouest » ’enthousiasmait-on. Le tram est aujourd'hui si "performant", notamment sur le plan financier, qu'on souhaite son remplacement d'ici vingt ans.

En 2011, Jean-Marie Girault déclare : « Je suis très tramway et je souhaite qu’on le conserve. C’est d’ailleurs moi qui avais initié ce projet. Je suis hostile au retour des bus traditionnels. Ils ne feront qu’encombrer la ville." Viacités, le syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération, laisserait entendre qu’il faudrait revenir aux bus, mais je trouve cela dommage, car, à l’heure actuelle, le tramway accueille 45 000 personnes par jour. (A l’idée de l’abandon du TVR par Bombardier, déficitaire pour le Canadien) Si ce n’est pas possible de renouveler les véhicules de la même conception, on doit faire appel à une autre société, ce n’est pas bien compliqué. Je pense même qu’il faut renouveler le matériel des lignes Nord- Sud, et aussi développer une ligne Est- Ouest ». (Côté Caen, 4 janvier 2011.)

Le « succès » du tram (le chiffre est 46000 pour Viacités en sept. 2010, rien chez Twisto ni statistiques indépendantes) s’explique par l’absence de complémentarité, d’alternative d’autres lignes pour aller du centre-ville vers nombre de lieux : le CHU ! Le CIFAC (les heures de pointe semblent correspondre d’abord aux élèves des classes populaires des quartiers du sud). Chiffre semblant irréaliste : cela ferait 100 000 usagers et Viacités avance la ligne A (Caen Campus 2- CIFAC- CHU- la Guérinière- Ifs Campus 3) comme 45% du total, donc la ligne B (Hérouville-Grâce de Dieu) est quasi nulle.

Mais dans le livre, on passe d’abord par l’avenue Albert Sorel, entre la Mairie et le lycée Malherbe. Son réaménagement est effectivement le plus important. Il ne reste plus qu'à passer en zone à 30 km/h, tout comme les abords du Campus 1, les rues de Vaucelles (sans doute la rue de Branville) et les alentours de la place de la Fontaine Venoise (avec une école et une résidence de personnes âgées).

Si on ne parle pas de la piétonisation du centre-ville, on imagine un chemin dans le parc des Bénédictines entre le campus 2 et le parc des Fossettes ; une nouvelle liaison entre le Bon Sauveur et le quartier Lorge ; une vaste promenade quai Vendeuvre rapprochant la gare face à l’accès Nord et la rive roite ; la place Courtonne et son marché couvert ; un passage public dans le parc du Conseil Général (de la place de la République vers le nouvel Espace Gardin).

Les cyclistes, quant à eux, auraient eu droit à plus de 60 km de nouvelles pistes cyclables. Caen prefecture jardins

Au moins, le cocker de Monsieur le Préfet a droit à ce grand jardin privatif.

 

Le tram devait déboucher sur un réaménagement plus ambitieux. A l’instar de celui Côte de Nacre (on oublie Ifs), des parkings relais gardés et sécurisés seraient installés au Zénith, à la gare, et Bd Pompidou. Pour cela, il y aurait eu de nouvelles lignes de bus en rocade. « Et un tramway qui ouvre ses portes aux vélos » (sic 1) !

« Parallèlement et toujours dans cette logique, les automobilistes seront encouragés à stationner aux portes du centre-ville et à emprunter les navettes pendulaires reliant les parkings d’accueil au cœur de Caen » (sic 2) Rajoutons-en une pour le nouveau parking quai Vendeuvre.  

Place-20St-20Pierre.jpg"Oh mon Dieu ! Un paradis sans voiture !"

 

L’arrivée du tram était l’occasion de reconfigurer de nombreuses places intra-muros. D’abord les places de la Mare et de la Gare où on s’est contenté d’aménager l’arrivée de la ligne. La refonte de la place Saint-Pierre : stationnement supprimé, chevet de l’église restauré, mais la rue de Geôle-Saint Jean est toujours omniprésente, cassant la continuité du plateau piétonnier.

Par ailleurs on devait redonner une identité à la place Letellier, le cœur des Quatrans. Pour la place de la République, on aurait voulu restituer un espace central digne d'un cœur d’agglomération avec une mise en valeur de l’est (les jardins) et un « retraitement » de la partie Ouest, l'inesthétique parking en surface. Déjà en 2000 la place Saint-Sauveur serait piétonnière : « ce large espace dévolu aux piétons » et « d'y créer des terrasses » ; là encore la mairie socialiste a repris l’idée et la fait aboutir, l’expérience depuis 2008 est son premier acte symbolique. La dernière partie de la rue Neuve Saint Jean serait piétonne comme les rues Chanoine Ruel et Grain d’Orge dans le Vaugueux. En dix ans, on aurait ainsi supprimé quatre parkings substitués par les relais ci-dessus.

La nouvelle place historique Reine Mathilde, devant l’Abbaye aux Dames, est une belle réussite. On aurait pu en créer une seconde devant l’Eglise Saint Jean, avec une liaison mettant en valeur l’église et la place de la Résistance.

Pour en finir, on revient en centre-ville. Comme pour l’expansion du centre Paul Doumer, on imaginait un nouveau bâtiment commercial passage de l’Odon. La rénovation de l’Hôtel de Banville, (la grille bleue, côté ouest de la place de la République), propriété privée, est envisagée.

L’ouvrage prédisposait au maintien du ministère des Anciens Combattants qui existe encore, quartier Lorge.

Le dernier projet évoqué est réalisé : le mail piétonnier entre la place Gardin et la Prairie. Qui se voulait vert et voilà bientôt deux buildings !

CONCLUSION :

Le livre avait comme préambule : « Caen se dessine un futur », cela ne saurait être entendu comme une programmation ni une réglementation. Le Projet de ville ne sera pas réalisé tel quel. L’histoire se chargera à tout moment de favoriser des opérations ou des infléchissements. »

D’abord, leçon d’histoire de ces dix années. En 2000, Jean-Marie Girault savait que, vu son âge et la durée de son ère, le mandat de 1995 serait le dernier. Il décide d’une œuvre testamentaire comme tout politicien. Rouen et Rennes ont leurs métros ; dans une sagesse d’hobereau il fait venir le tramway sur pneus, le moins coûteux mais dont on doute de la fiabilité. Cependant tous ces projets datent des années 80. La polémique enfle et un référendum a lieu en juin 1996 qui se prononce contre le projet. Jean-Marie Girault passe outre. Après son inauguration sans retard, les soucis d’exploitation s’accumulent, ce qui plombe les finances de la ville et de l’agglomération.

blog -lebrethonB

"Bribri, c'est fini

Et dire que t'étais la fille

De not' premier amour

Bribri, t'es finie

On ne croit pas

Qu'on te retrouvera un jour."

 

En 2001, une guerre de succession a lieu à droite entre l’UDF Luc Duncombe et l’UMP ex-RPR où s’impose Brigitte Le Brethon. De même à gauche, à force de harcèlements, on laisse Louis Mexandeau imposer sa dernière représentation. Un sondage donne une plus grande popularité à Brigitte Le Brethon et incite Jean-Marie Girault à en faire sa dauphine. La droite se présente unie par un accord : Caen à Brigitte Le Brethon, l’agglo à Luc Duncombe. La gauche est divisée. En ce début de millénaire, on a envie de changement et on croit Brigitte Le Brethon identique au père Girault. Elle gagne largement grâce à cette croyance.

On connaît la suite : Brigitte Le Brethon perd toute crédibilité par une personnalité souvent stressée, un autoritarisme brutal et égoïste (Girault dit pudiquement « repli »), des colères légendaires pendant les séances du conseil municipal, des démêlés avec Luc Duncombe à l’agglo. Elle ne se rend toujours pas compte aujourd’hui qu’elle "a pédalé dans le vide", avoue même un « burn out », elle n’a plus le sens des réalités, croit même à une « cogestion » dans sa troisième « confession silencieuse » annuelle (Liberté, 13 janvier 2011)

Brigitte Le Brethon aura plus ou moins fait table rase et réécrit les projets pour la Ville : « Caen dessine son futur : projet de ville 2000-2010 » sans pour autant en faire une exécution fidèle. De nombreuses compétences, notamment les installations sportives et culturelles, passent à l’agglomération.

Entretemps Philippe Duron gagne la Région en 2004 et montre sa crédibilité en gagnant la mairie de Caen. En 2007 il devient député, laissant présager que la situation s’inversera : la gauche unie gagne face à une droite divisée dont on ne veut plus (où Luc Duncombe s’effondre, semblant à l’origine de la division officielle devant les urnes, et un délire de Brigitte jurant la confusion nationale), outre les faibles changements de société (qu’on appelle boboïsation, gentrification ou clubbisation).

En 2001, c’est surtout la victoire d’une idéologie qui se cache derrière Brigitte Le Brethon dont elle aura été le pignon : le libéralisme. D’ailleurs Brigitte Le Brethon déclarera : « [Caen est] une ville qui se gère comme une entreprise. » (Ouest France, 27 Fév. 01) La confiance naïve en l’économie régulatrice, répartitrice quand elle est déjà spéculatrice et mondialisée. Ikea joue l’Arlésienne, Les nouvelles zones d’activités sont toujours fantomatiques. Des sites qui ferment : Moulinex, Kodak, Phillips. Et aussi la menuiserie cours Montalivet, le BHV, le CCI, le centre de tri postal (et la criée) à côté de la gare, l’oubli de maintes PME, de commerces… L’économie n’est pas l’affaire de la cité, la ville ne peut que l’inciter ou l’aider à venir. Webhelp et Armatis ne sont que les adaptations à de nouvelles mœurs économiques toujours aussi dégradantes.

Rien de concret, si ce n’est la politique municipale toujours plus sécuritaire, confiante en cette économie ; puis l’économie budgétaire qu’on appelle aujourd’hui « la politique de rigueur », d’une façon « orthodoxe » : Brigitte Le Brethon fait de la dette de la ville, une obsession (les amateurs de hockey sur glace ont le palet en travers de la gorge) ; elle ne fait pas de véritables investissements pour répondre à la mesure idéologique qui est de ne pas augmenter les impôts.  16012011039.jpgEst-ce ainsi que l'on se souviendra de l’œuvre de Brigitte Le Brethon ? (Traduction : "La Mort n’épargne personne")

 

Les Caennais n’ont vu pas la mode du changement inspirée par les années qui passaient.

Jean-Marie Girault l’avait affirmé : « La ville ne peut accepter une rupture. Elle n’est pas possible. » (OF 26 fév. 01) L’homme de ce mot sera évidemment Sarkozy (en 2005) lequel ne sera pas en tête à Caen en 2007. Mais le divorce semblait déjà consommé… Après tout, qui ressemble le plus à Nicolas Sarkozy, le plus opposé au gaullisme social, que Brigitte Le Brethon ?

Je ne me permets pas de juger la gauche puisqu'elle n’a pas fini son mandat. Mais Philippe Duron l’a toujours dit, il étudiera d’abord les dossiers avant d’agir. Assurément la re-Reconstruction prendra du temps et nécessitera un second mandat.

Et Brigitte Le Brethon de répondre (Liberté, 13/01/11) : « La gauche sait très bien citer Jean-Marie Girault quand cela l'arrange, pour dire qu’il était merveilleux et ainsi m’opposer à ma famille politique. Ce qui me choque, c’est de constater qu’il y a toujours une arrière-pensée dans ce qu’elle dit et j’en suis arrivée à douter de ce qu’elle nous présente. »

En tout cas, la conclusion est celle-ci : la continuité et la rupture ne sont pas là où on les aurait crues. Que, tout de même, les lois s’appliquent encore : la nature politique a horreur du vide, surtout capitaliste et, si quelqu’un ne répond pas à cette évidence, un autre le fait.

On dira que Caen a perdu des habitants entre 2000 et 2008, mais elle en gagnera juste après. Peut-être des changements sociologiques semblent inéluctables. Mais, comme dirait l’autre, "vaut mieux une petite vivante qu’une grosse dormante."

Jean-Marie Girault, en patriarche formolé, parle du succès de Duron en 2008 dû au départ des bourgeois. C’est faux. Au contraire, c’est parce qu’il y en a encore, que la droite n’a pas pris une plus grande raclée.

 La population n’est pas dans sa phase révolutionnaire. C’est encore cet embourgeoisement de bon hobereau qui encroûte Caen. Sonia de la Provoté (adjointe au social en 2001, bras droit de Duncombe) l’affirmera elle-même au "Caennais déchaîné" * : "ne pas aimer les bourgeois, c’est avoir peu d’amour pour la ville de Caen."  

Jean-Marie-Girault-470x811.jpg Jean-Marie Girault interprétant "les Bourgeois" de Jacques Brel : 

"Les bourgeois, c'est comme les cochons

Plus ça devient vieux, plus ça devient bête

Les bourgeois, c'est comme les cochons

Plus ça devient vieux, plus ça va au Tao*"

* "Le Tao", bar-restaurant, plagiat du bobo Buddha Bar. Projet immobilier remplaçant la salle de spectacle Georges Brassens près de l'hippodrome.

 

Maintenant, voici en annexe un article inédit exposant le bilan de Brigitte Le Brethon, écrit quelques mois après l’élection de 2008, retrouvé dans mes propres archives :

 « Maintenant que les élections sont passées, on ose ce qu’aucun média n’a osé faire : le bilan de Brigitte Le Brethon. On a donc ouvert les archives de 2001 pour se souvenir de ce qu’elle avait proposé et voir ce qu’elle a fait, ou à moitié, et n’a pas fait."

            Ce qu’elle a fait

- Un itinéraire des artisans d’art

- Un centre de ressources pour les associations

- La gratuité des musées du château

- baisse de 10% des charges fiscales pour les entreprises

            A été voté peu avant 2008

- Un parking souterrain Fossés Saint Julien

- Projet commercial des rives de l’Orne

            Ce qu’elle a fait plus ou moins

- Un grand salon du livre : après tâtonnements, il semble se développer au château.

- Lieux pour l’art contemporain : seul, le musée des Beaux-Arts a reçu quelques sculptures des réserves des musées parisiens.

- Lieux pour les musiques actuelles : Le Cargö, déjà prévu en 95.

- Le développement d’un pôle technologique au Mont Coco : à l’ombre de Philips, dans les anciens locaux de Kodak, subsistent quelques projets tenant plus de la recherche scientifique qu’une véritable expansion industrielle.

- Un pôle à vocation tertiaire : l’hôtel d’entreprises Convergence, entre Vaucelles et la Grâce de Dieu, des TPE qui n’ont pas d’essor certain.

- Des pistes cyclables : juste une barrière de peinture sur des trottoirs ou de larges chaussées.

- Des jeux pour enfants posés comme ça dans quelques rues commerçantes.

            Ce qu’elle n’a pas fait mais qu'elle a proposé à nouveau en 2008 :

- Evènement culturel d’ampleur international

- Centre d’art contemporain Quartier Lorge.

           Ce qu’elle n’a pas fait :

- Nouvelle piscine (arlésienne depuis 95) mais aussi une salle des sports.

- Produits bios dans les cantines municipales.

- Deux plates-formes pour l’emploi des jeunes, une au nord, l’autre au sud.

- Le château véritable moteur du centre-ville.

- Ouverture d’une crèche en centre-ville pour les clients des commerces.

- Création de nouveaux espaces verts

- Une nouvelle école d’ingénieurs.

- Mise en place d’un conseil local de développement

- Marché couvert place Courtonne

- L’église du Vieux Saint Sauveur pour y accueillir la maison de la Normandie (encore fallait-il qu’elle fût d’abord restaurée).

- Salle de répétition artistique rue Claude Decaen (Gare).

- une fête entre les étudiants et les quartiers populaires (idée lancée en l’air).

           N’a pu se réaliser sans être totalement de "sa faute" (encore que…)

Le 2 mars 2001, dans un état d'esprit qui allait devenir frénésie, elle déclare vouloir « une charte entre les polices nationale et municipale, multiplier les commissariats de quartier, développer des lieux d’écoutes des victimes, des antennes de justice à la Pierre Heuzé et à la Grâce de Dieu. »

Ces deux derniers projets auraient pu être d’avant-garde. Les antennes sont absentes, malgré une initiative (brève) d’avocats dans un boui-boui en centre-ville. Les lieux d’écoutes auraient pu voir le jour, nonobstant l’éphémérité d’un secrétariat d’état.

Quant aux deux premiers projets, ils ont subi l’autoritarisme du ministre de l’intérieur après les présidentielles, Nicolas Sarkozy. Néanmoins la reformulation récente par Alliot-Marie n’a pas relancé ces projets. Pas un mot de quiconque sur ce sujet.

           A changé de projet au dernier moment

Une cité de la formation à la Guérinière, sans formation précise, aurait dû voir le jour. Mais c’est devenu entre-temps les nouveaux locaux de la DRASS (Affaires sociales).

Plus surprenant, à la Folie-Couvrechef, le centre d’animation est en fait un centre d’appel pour les entreprises qui voulaient délocaliser. Mais avec Moulinex, c’est devenu moins populaire.

           Projets sans que cela soit de sa compétence.

Agglo : ouverture réalisée de quelques déchetteries.

Région : en train, être à 1h37 de Paris et 2h de Roissy. Le voyage reste entre 1h45 et 2h pour Paris.

             Réalisé sans être prévu

Véol, le vélo en libre-service, fait rapidement pour être à la mode parisienne.

Le skate-park à côté du lycée Malherbe.

             Pour finir quelques phrases de 2001 qui prennent sens aujourd’hui.

Une petite de Raffarin avant qu’on le connaisse bien : « Oui à Rex (Brigitte Le Brethon), non à Mex (Louis Mexandeau) »

Le 9 janvier, Brigitte Le Brethon : « il faut faire en sorte que nul n’ait peur de rentrer seul le soir, que nous retrouvions une tranquillité d’esprit qui s’est perdue au fil des années… »

Le 21 février, Brigitte Le Brethon : « [Louis Mexandeau] Il n’est pas vraiment gentil avec les femmes… Il se présente avec un chien sur son affiche. »

Le 26 février, Jean-Marie Girault : « La ville ne peut accepter une rupture. Elle n’est pas possible. »

Le 27 février, Brigitte Le Brethon : « [Caen] une ville qui se gère comme une entreprise. »

  Léopold Hair

 

*Sonia de la Provôté écrit au "Caennais déchaîné":http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-6-juin-2010-le-bombardement-de-caen-se-poursuit-51718805-comments.html#anchorComment

 Programme de  Luc Duncombe: http://lucduncombe.typepad.fr/mon_weblog/files/32_pages_duncombe.pdf

Re(lire) :  http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-brigitte-lebrethon-se-confie-au-caennais-dechaine-57831829.html

  

 http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/

Partager cet article

Repost 0
Publié par Le Caennais déchaîné - dans Vie caennaise
commenter cet article

commentaires

Sonia de La Provôté 02/02/2011 13:21


Merci de votre réponse. Admettez que la citation était quelque peu tronquée!! En revanche, je conviens que votre référence au livre blanc est la bonne... Il suffit de remettre celui ci en
perspective avec le Caen 2050 ou 2030? Qui nous a été produit il y a peu!!! C'est l'éternelle histoire de l'invention de l'eau tiède! Quant au referendum populaire, il présenterait de l'intérêt
dans ce contexte. Amicalement. Sonia de La Provôté


sonia de La Provôté 02/02/2011 09:54



monsieur le canard déchainé...


Comme toutjours dans vos articles de l'intelligence, de la réflexion, et... ce qui est fort dommage une bonne dose d'interprétation et de mauvaise foi pour étayer votre argumentation ou au
passage déformer des propos.... Bien évidemment cela ne vous fait pas peur, mais poussé certainement par un peu de conscience vous joignez mon ancien commentaire dans son intégralité ... Je me
permets donc de reprendre ce que vous avez écrit dans ce texte comme étant une citation " ne pas aimer les bourgeois c'est avoir peu d'amour pour la ville de caen " et voici donc la phrase
d'origine  à propos de la défense du Cloître du bon sauveur et en réponse à un commentateur à l'argumentaire ... abrupt pour dire les choses gentiment : " Quant à réduire cela ( défense du
cloître ) à une défense du bobo et du bourgeois, franchement, il faut avoir peu d'amour pour la ville de Caen pour ériger ce seul argumentaire en rempart contre la contestation actuelle..."
evidemment la phrase n'a pas le même sens du tout!!!  je note que vous utilisez les mêmes méthodes que celles de ceux que vous critiquez : déformation et désinformation...Dommage car
l'article a du bon sens même s'il est partisan il y a effectivement des choses fort intéressantes, et l'on voit ainsi qu'un projet de ville ne se fait pas en trois ans, mais qu'il n'est pas
forcément utile de le réécrire en le modifiant à la marge touts les dix ans pour faire croire que l'on est un grand visionnaire... en fait dans ce cas pas grand chose se fait!...


bien amicalement


sonia de La provôté



Germain de Colandon 02/02/2011 12:02



Chère Sonia (déchaînée)


 


Comme vous le soulignez justement, nous avons renvoyé nos lecteurs à l'intégralité de votre propos... qu'ici, vous citez à nouveau, et que nous rééditons avec soin. Quant à notre article, il
émane d'opuscules cités en début d'exposé : l'un, issu de réunions publiques, l'autre d'un projet de 'livre blanc". Point de mauvaise foi, ni de parti pris là-dedans, puisque nous nous sommes
contentés d'en extirper quelques bribes parmi tant d'autres. Seulement, depuis... beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de l'Orne !


 


Est-ce nous que vous qualifiez de visionnaires ? Notre vision est bien plus pessimiste et, pour tout vous avouer, nous commençons quelque peu à nous lasser de jouer les Cassandre quant à l'avenir
de cette ville sombrant, au mieux dans l'indifférence générale, au pire dans le déclin... à moins d'un sursaut Citoyen.


 


Nous vous encourageons à relire le lien en fin de réponse, en espérant que vous ne le trouverez pas également partisan.


 


Fasse (le ciel, le bon génie, ou autre) que les partis politiques laissent leurs étiquettes au vestiaire, proposent, débattent sereinement, ET que l'on invite TOUS les Caennais autour de la table
(d'accord il faudra une grande table, mais le referendum n'est pas uniquement réservé à seule fin des canidés), parce que les décisions unilatérales, sous prétexte que certains ont été mandatés
par leur électorat ressemble parfois à quelque chose approchant la fumisterie (d'autant que ces mêmes mandatés se font conseiller, influencer par un entourage qui, lui, n'a jamais reçu
l'approbation du peuple. Etc. etc.


 


Bien cordialement


 


GdC


 


PS : Bonjour à Ludwig


 


 http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-caen-une-ville-qui-a-peur-de-grandir-39489115.html



Présentation

  • : Le Caennais déchaîné
  • Le Caennais déchaîné
  • : Actualités sans concession sur Caen et ailleurs...
  • Contact

Profils

  • Le Caennais déchaîné
  • Ecrivains, Photographes, Correspondants, Membres de la Société Civile...
  • Ecrivains, Photographes, Correspondants, Membres de la Société Civile...

Rechercher

Archives